… « de l’attendre avec un petit bouquet d’églantines,
j’ai cueilli des fleurs et j’ai sifflé tant que j’ai pu,
j’ai attendu, attendu, elle n’est jamais venue… »
Zaï, zaï, zaï,zaï, Léa Drucker, toi que j’ai découverte en inspectrice déjà (des impôts, cette fois-là) dans La Vérité Si Je Mens 3, ne crains-tu pas que ce film convainque des gens qui, pour beaucoup, le pensent déjà un peu, que rien n’arrivera jamais aux policiers qui abusent de leurs armes et peuvent aller jusqu’à donner l’occasion à un candidat à l’élection présidentielle de tweeter immédiatement « La police tue » ?
Ne crains-tu pas, Léa, cela ?
Mais cela dit, à part le fait qu’il ne traite que d’un cas et court le risque inévitable en ce…cas-là qu’on en tire hâtivement une généralité, je trouve le film excellent sur tous les plans.
Je trouve très bien venue la visite d’une suite à deux mille euros la nuit dans un hôtel des beaux quartiers, très bien venus les deux passages d’un rond-point à l’approche de Saint-Dizier avant et après son occupation par des gilets jaunes, très bien venu aussi le plan aérien d’une petite ville de province qui donne le sentiment que les gens qui y vivent sont vraiment gens de peu tout comme les policiers qu’on interpelle chez eux dans leur banlieue à eux.
C’est toute la différence entre un tweet qui dit : « La police tue » et un film qui vous montre que des policiers peuvent se conduire au moins une fois comme des criminels qui ne seront pas inquiétés parce qu’un gouvernement « en panique » ne veut surtout pas « se mettre à dos » tous ses Chiens de Garde comme les appelait il y a longtemps Nizan, un condisciple du célèbre Jean-Paul Sartre.
Et la poursuite par la policière blanche de peau dans le métro d’une femme de ménage noire qui travaille chez les riches du centre de Paris mais réside en banlieue, cette poursuite-là n’a sans doute rien à voir avec celle, mémorable, du Samouraï de Melville, mais sur le plan cinéma, elle n’a rien à lui envier non plus.
Enfin la fin, après que l’ex de l’héroïne, policier lui aussi, lui ait confié qu’il commençait à avoir peur de dire son vrai métier, et bien, la fin, elle est très bien car elle donne la parole à…qui donc ? à celui à qui il fallait la donner, je ne vous en dis pas plus. Ah ! si : j’ajoute que l’héroïne et son ex ont un enfant qui pratique le judo, un sport qui nécessite et valorise une grande maîtrise de soi, celle dont pourrait faire preuve une police idéale dans un monde idéal.