Dans les années 90, Winona Ryder était une véritable star. C'est à cette époque qu'elle tombe, par hasard, sur une ébauche de scénario voulant adapter à nouveau Dracula et qu'elle proposa le projet à Francis Ford Coppola.


Ce dernier s'est simplement dit à l'époque : « Tiens, allez pourquoi pas ? »


Sauf que ce n'est pas n'importe qui : c'est Francis Fucking Ford Coppola !

Et donc, le mec te pond une fresque opératique, sensuelle et d'une inventivité totalement démente ! Son Dracula n’est pas juste une adaptation du roman de Bram Stoker, c’est une symphonie visuelle où chaque plan hurle : « Regardez-moi cette beauté ! »


Dès la scène d'introduction, on comprend que ce Dracula (campé par le séduisant Gary Oldman) n’est pas le monstre habituel. Coppola nous présente un homme brisé, trahi par Dieu, qui embrasse les ténèbres non par malveillance, mais par désespoir.


Et si le véritable antagoniste, c’était la religion elle-même ?

Celle qui condamne, qui juge et qui punit sans chercher à comprendre.


La mise en scène est un délire baroque assumé. On pense à un opéra où chaque scène est un acte, où chaque personnage est une voix et où la musique est tout aussi importante que ce que l'on voit. On ne peut pas simplement regarder le film. Il faut ÉCOUTER le film.


Pour ce qui est de sa réalisation, Coppola rend hommage aux anciennes versions du célèbre vampire (Nosferatu de Murnau, Le Cauchemar de Dracula de Fisher, etc...) mais aussi à... lui-même. Les séquences avec Dracula rappellent l’ambiance hallucinée d’Apocalypse Now : couleurs vives, ombres mouvantes ou encore les surimpressions de plusieurs plans en un seul. À l’inverse, les moments avec Van Helsing (interprété par un Anthony Hopkins totalement fou) ont des airs du Parrain : cadres fixes, dialogues feutrés, tensions sous-jacentes et cette impression que tout est calculé.


En revisitant le mythe, Coppola ne se contente pas de moderniser une histoire. Il la transcende, la réinvente et nous offre une œuvre qui semble être hors du temps. La remise en question et l'inversion des valeurs traditionnelles via un récit pourtant ancien, la réinterprétation d'un mythe en y appliquant les mœurs de notre époque (Exemple : les vampires peuvent être perçus comme étant des victimes du VIH étant donné que le film est sorti en pleine épidémie), bref, ce film avait une trentaine d'années d'avance.


Qui sait ? Peut-être que Megalopolis sera réhabilité dans quelques décennies.


Devant un tel tableau, le Nosferatu de Robert Eggers sorti en 2024 paraît un peu fade, tandis que la version de Coppola reste encore aujourd'hui LE film de vampires ultime.


PS : Bon si, allez, j'ai juste un petit reproche au niveau du scénario.

Pourquoi Dracula baise avec Lucy ?

Alors, oui, je sais que dans le bouquin elle se fait aussi "vampiriser".

Mais justement, ce film n'était pas censé nous présenter un Dracula réellement amoureux de Mina ?

Vous coucheriez avec la meilleure pote de la meuf pour qui vous avez le béguin dans le but de vous rapprocher d'elle, vous ?

VampireCinephile
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le 30 avr. 2025

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