Paris et ses habitants vous veulent du mal. C'est ce que l'on ressent en regardant Frantic sorti en 1988. Ce n'est d'ailleurs pas étonnant lorsque l'on connaît son réalisateur, Roman Polanski, ainsi que ses autres œuvres, ses thématiques, sa vision du monde et du cinéma.
En effet, ce réalisateur tourmenté reste fidèle à ses thématiques les plus chères : l'aliénation, l'innocence et la naïveté mises à mal et bien sûr, le sentiment d'oppression systémique. Grâce à sa mise-en-scène, il insuffle à ce Paris une ambiance "frénétiquement" anxiogène où même le bon docteur Richard Walker, brillamment interprété par Harrison Ford, semble complètement perdu, sans repères et sans espoirs...
Ce qui est d'ailleurs renforcé par la musique d'Ennio Morricone, créant une ambiance globalement inconfortable pour nous, spectateurs.
Cependant, si ce long-métrage de Polanski est souvent considéré comme étant une œuvre mineure de sa carrière, c'est pour une raison tout aussi évidente qu'étrange : son scénario !
Après l'enlèvement de sa femme, le docteur Richard Walker, arrivé à Paris pour un séminaire, part finalement à la recherche de sa femme, aidé par Michelle (interprétée par la belle Emmanuelle Seigner) une femme travaillant pour des personnes douteuses.
Ensuite, des courses poursuites, des demandes de rançons, des méchants très méchants, etc... Tout ça pour une histoire de micro-puce extrêmement dangereuse que tout le monde veut récupérer, que ce soit l'équipe des gentils ou l'équipe des méchants. Micro-puce qui était dans la valise que la femme d'Harrison Ford avait malencontreusement prise à la place de la sienne à l'aéroport. Parlons d'ailleurs du personnage d'Harrison Ford, qui se retrouve au milieu de toutes ces histoires par le plus grand des hasards, qui perd tout son argent à force de vouloir graisser la pâte à tout le monde et qui fini par tout régler malgré une fin assez pessimiste que je ne dévoilerai pas.
J'avoue ne pas comprendre pourquoi Polanski a eu l'envie de filmer ce scénario, dans la mesure où il ressemble nettement plus à celui d'un film d'action tel qu'on aurait pu le voir dans les années 80. D'ailleurs, même si certaines scènes de course-poursuite sont intenses, le réalisateur n'a absolument pas traité cette histoire avec un rythme effréné à la manière de ces films. Ça n'est pas son style. Le film est bel est bien un drame psychologique comme l'était Le Locataire dans son temps.
Pour toutes ces raisons, Frantic paraît effectivement assez déroutant, bien qu'il prenne place de manière cohérente dans la filmographie de son réalisateur. Je l'ai apprécié et le trouve tout a fait conseillable, néanmoins, je dois admettre que c'est, malgré tout, un curieux Polanski...