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Après les chiens, les chauves-souris… Peu convaincu par son dernier film, Dogman, étrangement bien accueilli par le public (mais logiquement boudé par la presse), je suis entré dans la salle sans la moindre attente pour ce Dracula version Besson. La bande-annonce laissait déjà présager une œuvre fortement inspirée de celle de Coppola — au point que ma seule inquiétude était d’assister à un remake plan par plan.
Et là, grande surprise… ou grand regret : Luc Besson livre bel et bien sa vision de Dracula. Et franchement, il aurait mieux fait de s’abstenir.
Les dix premières minutes donnent le ton : c’est lourd, sans émotion, sans tension, sans finesse. On comprend très vite que ce Dracula ne fera pas peur, et que l’axe principal sera l’histoire d’amour tragico-érotique entre le comte et Elizabeta. Pourquoi pas. Encore faut-il susciter un minimum d’empathie pour les personnages… Jouer la carte de l’érotisme, soit — c’est intrinsèquement lié au mythe du vampire — mais un peu de subtilité, bon sang !
On a plutôt l’impression qu’un adolescent en pleine puberté est derrière la caméra. (Oh wait…)
Plus globalement, le scénario ne tient évidemment pas debout, les personnages sont des caricatures plus insupportables les uns que les autres (coucou Maria !), on enchaîne flashbacks inutiles sur flashbacks inutiles et vulgaires, et la scène dans le couvent est l'une des plus cringe de l’histoire du cinéma récent.
Côté casting, Christoph Waltz tient le navire comme il peut au milieu de ce cirque. Son Van Helsing made in Vatican a une certaine allure, presque salvatrice.
Je sauve aussi Guillaume de Tonquédec, qui remplit son rôle de docteur candide et maladroit avec sincérité. Pour le reste, on dirait que le casting s’est organisé autour d’un barbecue entre potes. ("Il voudrait pas jouer un rôle de notaire, ton fils ?")
À l’apparition du générique de fin — d’une typographie affreuse, soit dit en passant — j’ai immédiatement pensé à un auto-sabotage de Besson.
On ne peut pas s’empêcher de penser à toutes ses affaires personnelles — harcèlement, violences sexuelles — en voyant ce film. Et il le sait.
Ce film, c’est un doigt d’honneur à l’industrie, à tous ceux qui voudraient l’empêcher de faire des films, de faire ses films.
Au moins, j’aurai appris deux ou trois choses utiles :
– La France partage une frontière avec la Roumanie,
– Les gargouilles de Transylvanie pratiquent la Lucha Libre,
– Le déo Axe qui fait tomber les filles est un subtil mélange de lavande et de safran.
En bref :
Un film à haut potentiel nanardesque, qui aura au moins eu le mérite de me faire rire.
Créée
le 4 août 2025
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