Dracula
4.7
Dracula

Film de Luc Besson (2025)

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LE SANG D'SES MORTS, j'lui bois !

(Ça fait très cinéma français, "Le sang de ses morts je lui bois", Jacques Audiard, maître Yoda tout ça. M'en voulez pas d'essayer de justifier ce titre misérable à posteriori. Ça va, vous, sinon ? Allez, allez ; on commence.)




Il est le monstre mort-vivant, l'homme fait idée, mort en tant qu'homme décorrélé de son contexte et vivant comme idée, grimant les couleurs de son époque et exhibant l'illusion du mouvement à une moyenne d'au moins un film par an sorti en salle.


Il a été le Nosfératu, l'ombre brisée de la guerre, retour vengeur du refoulé de la modernité : son incarnation à ce jour la plus hantée, la plus honnête, peut-être.


Aujourd'hui il nous revient en tant que Régis. Et régis est un con.


Une autre take désastreuse ? Attendez, attendez parlant d'honnêteté. Besson, on pourrait dire que le seul dont il a évacué son cynisme c'est le grand bleu - quoi ! C'est pas loin de la vérité, ça veut pas dire que les autres sont nécessairement mauvais en tant qu'objets de divertissement ! (Je vois les gens parler de métro, ça fait une paye que je l'ai pas vu et je vais pas le revoir juste pour les besoins d'une critique, qui, d'après ce que je peux lire de mes notes, est plus en forme d’exutoire qu'autre chose.)

En général je suis client des films qui inscrivent leur propos dans des univers circonscrits et décalés comme peuvent le faire Kaneto Shindō ou Hiroshi Teshigahara dans "la femme des sables" donc "Métro" peut-être, allez.

Parce que si je caractérise avec des mots simples le cinéma de Besson, et particulièrement ce film, "cynisme" et "balourdise" ne me paraissent pas inappropriés. Ces deux qualités attribuées à l'emporte-pièce, ne suffisent manifestement pas, ni à faire une tragédie romantique, ni un film comique. Moins encore le mélange des deux.


Ça, on ne va pas se mentir, participe à un agacement lié à l'accumulation de films sur le dit thème, qui va mécaniquement grandissante avec eh bien... la prolifération de films tout court - ne relativisons cela dit pas davantage, Renfield, Last Voyage of the Demeter, le Nosferatu d'Eggers (je compte pas les DTV)... Dracula, il commence pour le dire crûment à sérieusement nous pomper.

Mais évacuons le problème de timing, c'est l'heure d'enfiler nos gants - CLAC, on rentre dans le spoil.







"It starts so simply, just like, poetry."




Non. Ça commence avec un cliché dégueulasse, le carillon mécanique. Autrement dit la boite à musique. De 1480. (J'y connais rien en musique, mais askip les égyptiens avaient déjà l’électricité dans les pyramides donc...) Je pose ça là mais on va y revenir parce que ce vous verrez, n'est pas seulement un cliché dégueulasse.

Bref, Le prince Régis de Valachie s'adonne aux batifolages innocents d'un jeune couple (pas marié) aux commandes d'un royaume en état de siège, ce qui vaut à l'infortuné bellâtre de se faire littéralement retirer de sa gonzesse par ses propres gens d'arme (3 fois de suite. Oui, vous verrez le boug' est du genre obstiné) pour aller bouter hors de leurs terres les turcs qui s'amassent aux portes, et avant cela, recevoir la bénédiction de l'autorité religieuse. (Le premier plan avec le prêtre m'a presque redonné espoir.)

Régis, en profite pour négocier la vie de sa go tel un marchand de tapis avec le VRP du seigneur. Go avec laquelle, il n'est pas, marié, faudra pas jouer les étonnés si ça tourne mal d'autant que cette dernière décide de profiter du contexte favorable d'invasion pour aller faire une ballade à cheval avec une mini escorte et un voile de traine discretos. Bien s'passer, ne t'inquiète pas.


En attendant l'embuscade, première scène de bagarre -et vous savez que j'aime ça- malheureusement brouillon, sans intérêt esthétique ni tension particulière AVANT que ne pointe la première citation de Coppola : théâtre d'ombre sur fond rouge crépusculaire, fin de la bataille, oui oui oui sauf que non.


Non, parce que "crépusculaire". Alors qu'on était en plein jour, ce qui semble marquer une ellipse de temps entre le début de la bataille et sa conclusion, et là cut, scène suivante, retour sur la zouz' qui se fait cavaler après par les turcs en plein jour. Et Régis d'aller tenter un sauvetage in extremis donc non non non.

Alors je vois les mystificateurs radiner. "Mais enfin, c'est tout le propos du film, illustrer la relativité du temps, par rapport au fait que Dracula, il euh... enfin le temps il a pas... c'est pour ça la boite à musique de 1480 !"

Non. C'est une citation rentrée au forceps, d'ailleurs si c'est votre truc...


"C'est d'la merde."


Voilà. Retour au sauvetage donc avec cette scène là, du champs de mi.... de pièges à loups, qui est... difficile à décrire avec des mots tant elle est d'un ridicule consommé. En gros tout le monde se fait pincer les jarrets dans un enchaînement grand-guignolesque, avant qu'enfin la... (comment elle s’appelle déjà) ... Régissa ! Oui, donc Régissa ne se fasse embrocher conjointement à un turc suite à un lancé d'épée malencontreux de son némé.

Ce dernier, bah... un peu chafouin, forcement, d'être aussi con, rendra la pareille au prêtre, l'embrochant, derechef, avec son bâton magique, ce qui fera pleurer au petit jésus des larmes de sang. (cliché dégueulasse numéro 2)


Fin des propos liminaires, et bond de 400 ans dans le futur, soit en 1880 "à Pariiiiis !", (1880 date de l'invention de ? De ? La lessive Super Persil, bravo au fond) où l'on retrouve l'infortuné Christoph Waltz dont la carrière prend un tournant... un tournant, entre ça et le Frankenstein qui a l'air bien de notre époque - bref, Christoph Waltz qui joue son personnage d'allemand habituel et qui nous conduit à rencontrer un personnage bien moins habituel, la première vampire déclarée du film, RIDICULA. Et alors là laissez-moi vous dire les amis, qu'elle à l'écran ? Les autres n'ont aucune chance de briller. Et je sais que c'est une histoire de direction là, il y a volonté de nuire. Entre ça et le reste, c'est le moment du film où je me suis dit "c'est bon, là on se fout vraiment de ma gueule", mais c'est parce que je dois être un peu en insécurité ou quelque chose du genre.


En attendant que je me rassure à propos de ma masculinité, on s'attaque à la rencontre entre Jonath... un type random et Dracula de Coppola - alors jeeee sais, que c'est inhérent au rôle de Jonathan jusqu'ici, d'être un peu désincarné, à la fois parce qu'il est le véhicule par lequel le spectateur est introduit au fantastique, et dans un second temps pour faire le contraste avec la romance passionnée voire pathologique entre Mina et son amant de monstre - cela dit le choix qui est fait ici est carrément de le faire disparaître de l'équation : son rôle se cantonnera à écouter l'histoire de Dracula, qui se livrera à lui sans avoir d'autre intérêt à cela que de faciliter une autre citation, "entretient avec un vampire" balayant par là même tout dilemme crédible prompt à nourrir les hésitations de Mina par la suite ; comme à l'accoutumée nous y reviendrons, à seule fin de vérifier que Jonathan Harker, n'existe pas : ni en tant que véhicule, ni en tant que mari de Mina.

Nous est donc introduit (nous y avions certes consenti) le Dracula, deeeee Coppola, campé par un Caleb Landry Jones dont l'essentiel du cabotinage consiste à gober les mouches en regardant vers le ciel et à jouir, ce qui... a du sens, un Dracula (à l'instar de son de prédécesseur captivé par le cinématographe) résolument tourné vers la modernité, voire vers le futur étant donné qu'il possède un (c'est dit) gramophone, marque déposée pas loin d'une décennie plus tard. (et non, ça n'est toujours pas un propos) En tant que geek, il a naturellement développé des pouvoirs de la force et celui ( plus attendu) de l'exposition.

Il accessoirement assisté par une petite armée de gargouilles absolument grotesques, qui font passer le propos de "comique" à "comique à destination des plus jeunes." mais c'est parce que je dois être un peu vieux ou quelque chose du genre.

Exposition qui nous "affranchit" donc à propos de son but dans la non-vie, retrouver la réincarnation de se gonzesse (parce qu'au pieu, vraiment, c'était le feu) alors que le prêtre lui a bien précisé avant d'être victime du planté de bâton que Dieu ne réincarnait pas, que c'était pas comme ça que ça marchait, si omnipotent soit-il. Mais vous connaissez Régis...

D'ailleurs si il vous fallait une preuve définitive que c'est un con : prenez cette définition de la bêtise, recyclée ad nauseam mais qu'importe "c'est de faire plusieurs fois la même chose en s'attendant à un résultat différent gnagnagna" et dénombrons ensemble les tentatives de suicide de Dracula. En sautant de la même fenêtre, là. HUIT fois ! (vous pouvez y aller, j'ai compté)

Et ne vous y trompez pas, de nous deux c'est moi qui ai perdu des neurones ! (mais vous verrez, pour après c'est mieux sans.)

De façon bien commode, Dracula DÉCOUVRE une photo de Mina sur le notaire. Euh... le destin ; puis décide naturellement de faire le plein de carburant avant de filer direction la Kapitale. Pourquoi pas le sang de Jonathan, qu'il se contente de garder prisonnier ? Alors. Parce que... euh... pour... alors. Parce que... il a gardé Mina en vie ! Bah ouais. Elle avait besoin de lui en fait pour ça.


Alors à ce moment là, j'ai noté que c'était incroyable, parce que chaque scène de ce putain de film arrivait à me poser problème. Et c'est vrai, que chaque scène de ce putain de film, arrive à me poser problème.


Ah parce que oui, j'ai oublié, c'est inconscient, le truc du parfum. Alors bon la citation d'accord, et même rapprocher ça du thème du vampire, bah... c'est pas trop mal vu mais bon, attendez. Bon. Pour ceux qui n'ont pas vu le film (le Dracula de Besson hein, pas "le parfum" que pour le coup, j'aurais plutôt tendance à recommander) ; Régis, a le pouvoir de la télékinésie, d'assujettir ou créer (qu'importe) des gargouilles, Le pouvoir de l'exposition tout ça MAIS, pour ce qui est de faire plier les humains à sa volonté, il a besoin de faire fabriquer un parfum en Italie.

Pourquoi, me demanderez-vous ? Eh bien pour citer "le parfum". Raisonnement circulaire ? Oui, peut-être ! Mais le pourquoi du pourquoi, soyez patients on va y venir, et franchement la révélation vaut moyen le coup, alors si vous avez un truc à faire, vraiment, faites-le.


Cette histoire de parfum est prétexte à donner lieu à des scènes de danses en costumes à plus d'une centaine de figurants dans des salons luxueux, scènes dispensables autant que coûteuses, dont le seul but exposé est d'illustrer la recherche de la réincarnation de Régissa pour ainsi dire "d'un château l'autre". Ce qui pose (à nouveau) deux problèmes.

1- : Comment Dracula a-t-il la certitude que sa racli va se réincarner... en noble ? En Europe ?

2- : L'usage du parfum qui-fait-danser-le-pognon était-il vraiment nécessaire pour mener cette enquête ? (Non.)


Mais savez quoi j'suis beau joueur. Ce dernier point, je veux bien l'accorder, parce qu’apparemment, ça lui permet de perdre des points de mascarade à la chaîne OKLM, ce qui finit d'achever le mythe du vampire. (Vampire qui ne survira pas dans cette diégèse à la seule créature plus puissante que lui, le troll.)

Il y a un point dont je suis pas certain à 100 %. alors je fais comme les chats, j'enterre mon caca. Le parfum lui sert à subjuguer les sœurs dont il va se repaître avant de débarquer à pinces sur Paris MAIS (nouveau problème) je crois qu'il explique précédemment pourquoi il devrait renâcler (au minimum) à entrer dans les lieux saints, si vous vous souvenez de ce détail (ce qui est inquiétant) faites-moi signe.

Donc. (rassemble ses souvenirs confus)

Donc, Dracula arrive sur Paris (par le demeter-terre). Ce qui (Ouiiiii !) provoque le réveil de RIDICULA. Qui par chance, Avait l'image de Régissa non réincarnée chez-elle, et EN PLUS, c'est la besta de la Régissa réincarnée, Mina Harker, donc c'est vachement pratique, parce que Christoph Waltz comme ça il va chez RIDICULA et il trouve le portrait ! Et euh... alors attend... si, il y a un mec dans son cabinet qui lui dit "tiens bah c'est marrant, la meuf sur le portrait que tu as là, elle ressemble vachement à une meuf qui attend à coté du cabinet quand même !

Roooh !


Alors après RIDICULA elle emmène sa besta au bal alors là Mina elle voit DRACULA et tout sauf que bon elle est mariée un truc comme ça, puis l'autre elle aide pas, ça j'ai pas bien compris, à plusieurs reprises j'ai l'impression qu'elle éloigne littéralement MINA de DRACULA. Est-ce qu'elle obéit à son maître tout en ayant envie d'avoir Mina pour elle ? Possible. Bon n'empêche c'est l'occasion (mais c'est pas de notre faute) de comparer la rencontre entre les deux amants au delà des frontières de la mort, avec d'un coté la scène du cinématographe chez Coppola avec ce qu'on sait qu'elle implique de profondeur, le magnétisme exagérément suave de Gary Oldman, la résistance futile (pour être poli) de Winona Ryder, le loup, bon là on est pas sur du profond profond en terme de signification mais au moins, merde, on comprend - à ça !

Ça, c'est à dire Dracula, qui apprend à Mina à tirer à la carabine à la foire du trône après l'avoir stalké comme un énorme forceur.

Autres temps, autres mœurs...


Après une prestation pareille Régis est invité chez Mina (je sais plus si c'est chez elle, roh on s'en fout, là vous avez dû constater qu'une partie de moi est partie voir ailleurs) où il fait preuve de la sagacité qui le caractérise en la comparant à son EX DCD.

RIDICULA, lassée de tenir la chandelle, la tire par le maillot dans le même temps, ce qui oblige notre pathétique wompyre à dégoter de sa manche le charme ultime, LA boite à musique de 1480 du touuuuut début, sur laquelle j'avais promis de revenir parce que c'était plus qu'un cliché dégueulasse. C'est, c'est... une... allez je vous aide, on est dans le Dracula de luc Besson, il y a un pattern. C'est...

Une citation ! Et en l’occurrence d'une histoire d'amour qui tenait un peu plus la route au cinéma, celle de Davy Jones.




Voilà sur quel artifice espère tenir ce film, qui n'est pas grand chose d'autre qu'une vitrine de ce qu'il aurait voulu être ; il "vampirise" des œuvres fédératrices tout en négligeant le fait de bâtir une identité et un discours propre à lui même. (autre que "Dracula, ce bouffon devant l'éternel", j'entends.)


Bon, Mina c'est le genre à noter le film 7 sur SC, elle cède, le moment pour nous de nous imprégner un peu des dialogues dont, c'est vrai, nous n'avons curieusement rien dit jusqu'ici.

Régis : "Without it (le sang) i would be a repulsive old man whom you would not deign to look at."
Mina : "Thoses are just words ! CHARMING words meant to deceive me" !

D'accord d'accord, euh bah... la musique alors !

Est-ce que ça valait le coup de faire des infidélités à Éric Serra pour le taro d'un Danny Elfman ?


... Le pognon ! Est-ce que...

... non vaut mieux pas, on reparle du film ? On fait comme ça ?


En plus c'est bientôt finit (ouf), on arrive à la dernière section, où Régis, se carpate avec sa toute nouvelle pépé direction la frontière "Rômania - Franja". (Non, ne vérifiez pas sur google , repassez vos examens directement.)

Il est poursuivit jusque dans son château par Christoph Waltz, un autre mec que je sais plus qui c'est, Jean-Nathan Arqué, un truc comme ça, et surtout une petite armée tout en bleu blanc rouge, avec fusils et canons pour aller faire rendre gorge à ces fornicateurs sans provoquer le moindre incident diplomatique. D'autres que moi ont décrit avec plus d'exactitude tenants et aboutissants de ce bouquet final de coups de pieds dans la logique sur SC ce qui me permettra d'en arriver plus vite à la triste conclusion de ce risible objet de cinéma : Régis, fidèle à lui même, met fin à 400 ans de croisade pour retrouver celle qu'il aime, convaincu par les paroles du premier prêtre allemand qui est venu "non pas pour le tuer, mais pour le sauver". Bon, il le tue, hein, mais la morale chrétienne est sauve.

Mina Harker croupira dans son mariage et ses regrets avec un mari, dont on se fout éperdument des sentiments, éperdument, tout court.

Quant à nous, nous sommes laissés là avec nos conclusions.


"Merde ben c'est quand même cher pour ce que c'est."
Moi je trouve que Mina et RIDICULA c'est comme Frodon et Sam, elles auraient dû finir ensemble. On est en 2025 merde !"
Et l'autre là ? La cape, les chauves-souris...
Batman ?
Non ça c'est en Turquie, non, le Nosfératu, là. L'ombre brisée de la guerre, le retour vengeur du refoulé de la modernité !
Ah !
...
-Oui ben c'est un con.

Rilloux
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le 1 sept. 2025

Modifiée

le 2 sept. 2025

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