Ainsi, c'est au tour des studios DreamWorks de livrer une nouvelle adaptation supposément "améliorée" de l'un de ses plus beaux joyaux et de se lancer à corps perdu dans la politique du remake live. Histoire sans doute de ne pas céder un pouce de terrain au vilain Mickey tout pas bien. Et bien sûr de profiter d'une part substantielle du gâteau des profits associés. Drôle de coïncidence, d'ailleurs, que ce Dragons sorte très peu de temps après Lilo & Stitch, des films partageant les mêmes papas de cinéma.
Sauf que cette fois-ci, il semble que l'on n'y trouve pas grand chose à redire. Et surtout, que l'on retire l'épithète "cynique" de son billet ou de sa critique. Alors que l'on tape à loisir sur l'empire Disney à chaque sortie. Et que l'on vous sort que si vous y allez, c'est que vous êtes un veau et que vous cautionnez tant la lobotomisation des esprits que l'appauvrissement de l'imaginaire et de la création.
Le masqué renonce à comprendre.
D'autant plus que, comme chez Disney, on s'entête à raconter une histoire d'une heure trente en deux heures, déséquilibrant au passage le rythme du film, et que l'on cède à une certaine obligation de représentation et d'affirmation, dans une oeuvre qui n'en avait nul besoin.
Heureusement, DreamWorks nous épargne les nouveaux personnages et les sous-intrigues dispensables... Au prix d'une adaptation en forme de copie carbone. Soit la marque la plus évidente de prudence et de confort.
Pas difficile dès lors de reproduire à la quasi-identique tout ce qui marchait du tonnerre en 2010 et de le faire faire à des acteurs, étrangement sapés, parfois, comme dans un cosplay de luxe. Et de répéter nombre de scènes iconiques.
Le masqué va se montrer schizophrène. Car la copie carbone, il ne voit pas trop l'intérêt, comme quand Gus Van Sant avait remaké Psychose quasiment plan par plan. Surtout que le Dragons original n'est vieux que de seulement quinze ans. A moins que le public n'ait la mémoire encore plus courte qu'il ne le pensait.
Mais dans le même temps, il serait hypocrite de ne pas préciser qu'il a renoué avec une partie du plaisir éprouvé naguère et que au moins, le film original n'est pas du tout massacré ou dévitalisé, dès lors qu'il réussit à préserver la suspension d'incrédulité, les sentiments et l'empathie créés par un scénario loin d'être original mais terriblement attachant.
Encore heureux, pourrez-vous me dire.
Mais je vais peut-être dire une grossièreté en affirmant que tout agréable soit-il, Dragons ne peut cependant se mesurer, au yeux du masqué, aux remakes Disney du Livre de la Jungle et de Peter et Elliot le Dragon. Deux opus capitalisant sur le nom de leur aîné, tout en le racontant de manière différente, pour l'un, ou de partir dans une nécessaire autre direction pour le second.
Dragons aura le mérite de faire passer un bon moment, même si le film écarte, par son format live, une bonne partie de la magie inhérente à une oeuvre d'animation. Il verbalisera ensuite clairement le problème de la valeur ajoutée de la copie, aussi brillante soit-elle, comparée à l'original qui, en 2010, était déjà presque parfait.
Behind_dragons un nouveau public_the_Mask.