La capitalisation de Disney sur ses classiques au moyen de retranscriptions (plus ou moins fidèles) en prises de vues réelles fonctionne si bien que le studio DreamWorks s’y engage également, alors même que son répertoire animé a une vingtaine d’années tout au plus. How to Train Your Dragon 2025 refait donc How to Train Your Dragon 2010, mais à l’identique, c’est-à-dire en opérant un redoublement des images d’origine, exclusivement numériques, par des images où se mêlent décors réels et ajouts technologiques sans qu’un discours méta ne vienne en justifier la démarche. En cela, Dean DeBlois n’est ni Gus Van Sant – qui avait refait au plan près Psycho (1998) d’Alfred Hitchcock, sorti en 1960 – ni Michael Haneke – qui avait refait pour le marché américain son Funny Games (1997) dix ans plus tard –, les deux cinéastes évoqués dialoguant avec leur modèle tout en interrogeant l’inspiration et la pratique de la recopie.
Nous sommes davantage dans une approche mercantile destinée à l’exportation d’une œuvre qui, parce qu’elle a fonctionné, se doit de fonctionner encore, de la même façon que les studios du début du parlant doublaient voire triplaient le tournage de leurs productions en y remplaçant comédiens et langues parlées. Le souci, c’est que l’originalité et le souffle épique ont entretemps disparu, remplacés par un goût pour le gigantisme cher au blockbuster contemporain. Le récit d’apprentissage d’Harold mute en teen movie sans intérêt qui rallonge la sauce, puisque les dizaines de minutes ajoutées résultent, pour la plupart, de dialogues lourdingues entre lui et la vaillante Astrid, tous deux piètrement interprétés. La partition originale de John Powell, reprise dans son intégralité avec quelques variations çà et là, peine à fonctionner : son allégresse n’accroche plus aux images mais les écrase, cause principale d’un découpage charcutier des plans afin de coller au mieux au rythme imposé par l’artiste.
Ces défauts n’empêchent pas quelques séquences de fonctionner, notamment le vol parmi les dragons voleurs de bétails ou l’affrontement dans l’arène en clausule ; elles bénéficient du talent de Bill Pope, directeur de la photographie habitué au grand spectacle. Pas de quoi, pour autant, justifier le visionnage de cette production dépourvue d’âme, pâle recopie qui prouve une fois encore qu’un bon réalisateur d’animation n’est pas toujours un bon réalisateur en prises de vues réelles – un autre Harold nous l’a rappelé il y a peu, adapté par Carlos Saldanha.