Même s’il ne s’agit pas de ma licence préférée, j’ai toujours respecté et apprécié Dragons pour son univers vaste, créatif et typé, ses personnages attachants, et son message centré sur la bienveillance et l’empathie. Ce qui m’a cependant toujours un peu freinée, c’est son style très cartoonesque, son humour un peu trop présent, ainsi que certains choix scénaristiques discutables, et une exploitation parfois incohérente de son univers, principalement pensée pour l’esthétique… ou pour vendre des jouets.
Alors non, je n’étais pas spécialement enthousiaste à l’annonce de ce remake — pas plus que pour tous les autres —, mais je me suis dit que pour une fois, il y avait peut-être une chance que ça me plaise davantage que l’original. Une version plus sérieuse, plus violente, plus impressionnante, plus complexe… Mais non.
Même si cette "réadaptation" est visuellement très réussie — les scènes d’action n'ont rien à envier à l'original et les dragons sont magnifiquement modélisés —, il ne s’agit au fond que d’un copier-coller paresseux, au même niveau que celui du Roi Lion. Les 20 minutes de film supplémentaires sont si anecdotiques que, sans avoir revu l'original au préalable, j'aurais bien du mal à dire ce qui a réellement été ajouté. L’humour, quant à lui, est toujours aussi présent — un aspect qui aurait pourtant mérité d’être repensé, voire atténué, dans ce nouveau format.
Les costumes ont un rendu assez “cosplay”, et les personnages sont moins charismatiques et attachants par rapport à la version animée. Quelques exceptions toutefois : Mason Thames aurait pu être parfait pour incarner Harold, si seulement son jeu ne laissait pas autant à désirer ; mais surtout, Gerard Butler en Stoïck la Brute est excellent sur tous les points.
En résumé, si vous ne connaissez pas le film original, cette version reste appréciable : après tout, il s'agit littéralement de la même chose. Mais pour ceux qui ont déjà vu (et aimé) l’original, il est difficile de ne pas se demander, encore une fois, pourquoi ce film existe, à part pour faire de l’argent facile. Une opportunité manquée, là où un vrai parti pris aurait pu donner une adaptation plus mature et réellement complémentaire.