Harold se lie d’amitié avec un dragon. Il désire alors mettre un terme à une coutume ancestrale qui est de tuer ces créatures.
Quand la Répétition L'Emporte sur la Création
Il est devenu l'apanage des studios Disney de revisiter son panthéon d'œuvres animées par le prisme de l'adaptation en prises de vues réelles. Le nouveau Dragons, par sa fidélité confinant à l'exactitude, illustre parfaitement le manque d’originalité qui semble aujourd’hui gangrener l'industrie hollywoodienne. Un tel mimétisme soulève une interrogation fondamentale : quel est l'intérêt de ce remake, si ce n'est une entreprise mercantile qui ne dédaigne pas de recycler pratiquement identiquement un film à peine quinze ans après sa sortie ?
Un Réalisme Relativisé et une Éthique du Recyclage
L'expression même de « prise de vues réelles » est à relativiser, car l'on assiste moins à un film qu'à une orgie d'effets numériques. Le métrage est un festival de CGI, où chaque détail, de la peau des dragons à la texture des décors, est une construction virtuelle à l'exception d'une démonstration technique. Il est manifeste que le film est une copie conforme de son illustre prédécesseur, et c'est là que réside sa plus grande faille.
Cette fidélité, qui aurait pu être une force, est une lacune, car elle rend l'œuvre dénuée de surprise, de nouveauté, de ce souffle créatif qui justifie l'existence d'une réécriture. La lutte finale, pour ne citer qu'elle, est un affrontement étiré, qui, par sa longueur, semble durer infiniment, diluant l'enjeu au lieu de le densifier.
Le Salut par la Nostalgie et l'Exaltation Visuelle
Néanmoins, la médiocrité du propos est quelque peu rachetée par le fait que le film reprend, à la lettre, le même scénario. Donc, puisque j'ai apprécié l'original, j'ai a minima aimé l'histoire, la puissance de l'amitié entre Harold et Krokmou, et la justesse des sentiments qu'elle véhicule. L'émotion, si elle n'est pas nouvelle, n'en est pas moins présente et parvient à toucher. Les séquences aériennes, quant à elles, sont d'une beauté à couper le souffle, une véritable ode au vol et à la liberté qui parvient à échapper à la pesanteur narrative du reste du film.
Bref, c’est un film qui, en voulant faire plus grand, plus beau et plus réaliste, ne parvient qu'à faire un film à peine aussi bon que son modèle. C'est une œuvre qui, par son manque d'audace créative et sa nature de photocopie, laisse un goût amer de facilité et d'opportunisme, un symptôme de cette époque qui préfère ressasser ses gloires passées plutôt que d'en écrire de nouvelles.