Premier film de Franco que je regarde et quel claque, le film va me travailler un moment.
On y suit une histoire d’amour entre un danseur mexicain et une riche femme d’affaire dont la famille fait de la philanthropie et notamment dans le milieu artistique.
La film s’ouvre sur Fernando qui immigre clandestinement aux USA pour rejoindre Jennifer (qui se fréquentent car Jennifer est la donatrice de l’école de danse ou a officier Fernando à Mexico), Fernando arrive à San Francisco et leur idylle doit commencer.
C’était sans la nature transclasse de cette relation, dont les déterminismes psychologiques de chacun viennent subtilement mettre à mal le couple.
Ce qui est fort c’est que cette dimension sociologique des rapports de domination entre les 2 personnages du dispositif scénaristique reste très subtil, les personnages ne sont pas des archétypes, il y à toujours un flou, rendant le tout plus incarné. Autre chose est de nous prendre à contrepied de façon magistral où sans développer dans le détail, le rapport de domination qui s’inverse une fois le couple au Mexique après que Jennifer ait fait en sorte de Fernando soit expulsé des Etats-Unis, ce qu’elle avouera à Fernando, le patriarcat prendra le pas sur la classe avant que les 2 se neutralisent dans la scène finale.
Le film s’inscrit dans un décorum froid et épuré, avec des plans très minimalistes, sans musique, juste un bruit de fond très étouffés selon le lieu. Permettant de rendre compte avec efficacité et densité les expériences psychologico-affectives de nos 2 personnages.
Le film est enfin très remuant sur le plan moral : peut-on par amour faire du mal ? Car c’est ce qui se joue aussi, on se demande s’ils s’aiment vraiment ? Et en même temps il n’y a pas de doute qu’il y a de l’amour entre les 2, notamment du côté de Jennifer. Mais le contexte sociologiquement situé de chacun, leurs attentes vont mettre à mal cette relation jusqu’au pire.
Bref grand film de cette année.