Dès les premières minutes, on détecte les hypothétiques évolutions du scénario comme un panneau de signalisation planté au milieu de la route. Ca ne présage rien de bon, mais c'est fortement contrebalancé par une mise en scène qui fait rapidement oublier la pauvreté scénaristique.

A en juger par l'affiche, on n'est pas dans le défouloir d'un Transporteur, d'un Fast & Furious, ou d'un Taxi (ahem). Plutôt avare en scènes d'actions, le film ménage l'excitation pour rendre ces mêmes scènes marquantes. Plutôt qu'enchaîner course poursuite sur course poursuite avec quelques gunfights, le réalisateur joue au jeu du chat et de la souris en maniant les crescendo et decrescendo attendus, les envolées ratées et les moments de grâce ; comme un vrai film d'auteur, en fait.

En faisant passer l'ultra-violence physique au premier plan, il rompt violemment avec une atmosphère calme et sereine souvent au bord de l'explosion. Pourtant pas gratuite, cette violence se déploie par légitime défense, servant par la même à défausser ce que cette petite brute sèche taciturne, mais belle gueule, contient de refoulé, d'inexprimé, en bref, de sauvage. Born to be wild.

Une force tranquille dans les traits impassibles du héros, passif-agressif né qui m'évoque un Dexter qui n'a pas terminé son apprentissage des civilités. Des montagnes Russes, caricaturalement, c'est ce que j'ai ressenti dans l'enchaînement des plans. Russe comme... Niko Bellic de GTA, qui côtoie des mafieux authentiques au caractère bien trempé et identifiable entre mille.

Drive est empli d'une classe qui égale celle de Taxi Driver, par la carrière de justicier amoral, œuvrant dans l'ombre, qu'embrasse l'anti-héros, mais aussi dans son cachet artistique qui fait de lui, dès le générique pimpant de rose bonbon et d'Electro pop guindée, un film à part.

Si son scénario ne me paraissait pas aussi faiblard et ne gâchait pas autant mon plaisir, je grimperais aisément aux rideaux pour le défendre corps et âme contre tout barbare s'agitant à mes pieds. Pour le reste, c'est un très bon compromis entre ciné d'action attracteur de chaland et cinéma de binoclard cérébral.
Adrast
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le 16 oct. 2011

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