Drone est-il destiné à faire peur ou à nous prévenir que les lendemains techno promettent de beaux cauchemars pour notre intimité ? Les deux, bien sûr, tout en précisant que le film de Simon Bouisson ne se situe pas dans le créneau de l'horreur pure, quoique, et que ce qu'il suggère est bien plus atroce, en définitive. Drone, s'il ne convainc pas à 100%, a pour lui le parti-pris de l'originalité, même si la mise en œuvre peut sembler quelque peu laborieuse. C'est la volonté du scénario que d'y aller par étapes, quitte à passer par des scènes qui n'ont qu'un intérêt limité, en fonction de son sujet central. Même remarque en ce qui concerne le rôle de Cédric Kahn, qui ne semble là que pour montrer que le monde de l'entreprise est toujours dominé par la masculinité. Ce n'est pas grave, cependant, car tout ce qui peut sembler périphérique à l'intrigue sert à en aiguiser l'intérêt et à nous renvoyer à notre condition de voyeur, consubstantielle à la fonction de spectateur mais davantage ici, encore. Dans le rôle principal, dans ce Drone de drame, Marion Barbeau se livre corps et âme, remarquable de bout en bout. Est-ce que le film plaira aux amateurs d'étrange et de fantastique ? Peut-être mais il se doit d'intéresser tous ceux qui s'inquiètent de l'évolution de nos sociétés. En ce sens, Drone a des allures de précurseur et d'excellente matière à des débats enflammés. Messieurs les voyeurs, tirez les premiers !