Ce film ne sera resté que 15 jours à l'affiche, et c'est bien dommage.
Personnellement j'ai beaucoup apprécié la tension dramatique et la dynamique visuelle qui le traverse de part en part.
Bien sûr avec un tel titre on pouvait s'attendre à des perspectives et mouvements de caméra étonnants, et je dois dire que c'est plutôt réussi, parfaitement maîtrisé sans être pour autant écrasant ou démonstratif. Le film suggère plus qu'il n'impressionne. Surtout - au-delà des pirouettes vertigineuses dans le ciel urbain et dans les méandres d'un bâtiment industriel - c'est la façon de filmer en proximité actrices et acteurs, comme si à travers la caméra le spectateur vivait à leur côté, partageait ou dévoilait leur intimité au même titre que le drone. La photographie est très belle (lumières en surface et en sous-sol, palette de couleurs définie avec subtilité donnant une véritable matière aux visages et corps filmés au plus près, même lors des scènes d'action), cadrages souples et resserrés, maîtrise de la profondeur de champ dans les situations et les enchainements les plus extrêmes, ce qui permet de préserver toute l'expressivité du jeu des acteurs. Tous ces éléments conjugués contribuent à donner au film une épaisseur angoissante. Les traits de caractère d'Emilie (Marion Barbeau, véritable anguille de l'asphalte) sculptent par touches successives un personnage ambigu, audacieux et farouche, complice et fuyant, sa silhouette de danseuse ondule construisant parfois une sorte de chorégraphie avec le drone (accélération, suspension, adaptation à toutes les formes de l'espace urbain). Le film se nourrit de nombreuses références cinématographiques (Les oiseaux / A. Hitchcock, La dame de Shanghai / O. Welles, Le voyeur / M. Powell, Lost Highwayd / D. Lynch, Caché / M. Hannecke...).