Cela fait désormais pas mal d'années que Thomas Vinterberg s'est détourné du dogme, pour mon plus grand plaisir. Néanmoins, « Drunk » est peut-être celui qui s'en rapproche le plus depuis « Festen » : lumière, photographie, caméra pas à l'épaule mais presque parfois, l'aspect technique m'ayant, à plusieurs reprises, paru vraiment limité. De façon générale, je trouve le film un peu surfait tant celui-ci bénéficie de critiques souvent dithyrambiques. C'est parfois légèrement bavard, ayant du mal à trouver son rythme de croisière, non sans quelques longueurs... Je trouve le scénario légèrement bancal par moments, notamment dans la manière qu'ont les quatre amis de se mettre de plus en plus en danger par rapport à la situation initiale sans que ce soit réellement justifié (du moins partiellement).


Reste que sur la question de l'alcoolisme (même indirectement), le traitement est original, souvent intelligent, offrant quelques vraies bonnes scènes pour décrire les différentes étapes de l'engrenage avec éloquence, frôlant le moralisme pour finalement mieux s'en éloigner. L' œuvre pose en définitive de bonnes questions : certes,


un membre de la bande perdra la vie et tous se mettront plus ou moins en danger, mais ils regoûteront aussi à un plaisir et une « ivresse » de la vie qu'ils avaient perdu depuis longtemps, le héros se « retrouvera » avec son épouse, deviendra un professeur infiniment plus intéressant.


La fin est totalement dans cet esprit : ouverte et ambiguë à souhait, pouvant être aussi bien interprétée comme


une sorte de baroud d'honneur avant le retour à la normale comme une perdition définitive :


c'est, à mon sens, clairement elle qui fait basculer le film du bon côté. Excellente interprétation, notamment d'un Mads Mikkelsen de retour au pays, en profitant pour nous faire découvrir des talents insoupçonnés de


danseur (oui, oui, il n'est pas doublé!).


Bref, si j'attendais une forme plus aboutie de la part du « nouveau » (qui ne l'est plus tant que ça) Vinterberg et une durée moins excessive au vu du contenu, au moins « Drunk » a t-il le grand mérite de proposer sous un angle différent et inattendu un thème souvent rabattu sans nuances au cinéma : intrigant, à défaut d'être enthousiasmant.

Caine78
6

Créée

le 21 oct. 2020

Critique lue 657 fois

Caine78

Écrit par

Critique lue 657 fois

6
3

D'autres avis sur Drunk

Drunk

Drunk

8

Eric-Jubilado

6879 critiques

På din !

On pensait Vinterberg incapable d'égaler son formidable "Festen", et on s'était habitué à le voir sortir, bon an, mal an, des films plus ou moins bons. Et voilà que ce merveilleux "Drunk" nous...

le 14 oct. 2020

Drunk

Drunk

8

JoRod

49 critiques

Le foie des hommes

Deux ans seulement après Kursk, son film de sous-marin, Thomas Vinterberg retrouve avec Drunk l’aventure de groupe initiée par Festen et La Communauté. Un retour gagnant pour un film aussi...

le 2 oct. 2020

Drunk

Drunk

2

Philistine

34 critiques

La porte est ouverte.

J'hallucine. En sortant de la séance, je pensais enfoncer des portes ouvertes en émettant rapidement mon jugement sur ce film médiocre et politiquement néfaste, oui, je pensais pouvoir m’en tirer...

le 26 oct. 2020

Du même critique

Nous finirons ensemble

Nous finirons ensemble

3

Caine78

8773 critiques

Possible de finir avec quelqu'un d'autre?

Je garde un assez bon souvenir des « Petits mouchoirs », que je n'ai pas revu depuis sa sortie (ce que je ferais prochainement). J'avais ainsi bon espoir que Guillaume Canet soit capable de...

le 11 mai 2019

Mourir peut attendre

Mourir peut attendre

4

Caine78

8773 critiques

Attente meurtri(ère)

Cinq ans d'attente, avant que la crise sanitaire prolonge d'une nouvelle année et demie la sortie de ce 25ème opus, accentuant une attente déjà immense due, bien sûr, à la dernière de Daniel Craig...

le 7 nov. 2021

L'Origine du monde

L'Origine du monde

3

Caine78

8773 critiques

L'Origine du malaise

Je le sentais bien, pourtant. Même si je n'avais pas aimé « Momo », adapté du même Sébastien Thiéry, cela avait l'air à la fois provocateur et percutant, graveleux et incisif, original et décalé,...

le 25 sept. 2021