Il est des films qui dépassent leur simple statut d’œuvre pour devenir des empreintes durables dans une vie. E.T. the Extra-Terrestrial de Steven Spielberg appartient à cette catégorie rare : celle des expériences fondatrices, presque initiatiques.
Avant cette rencontre, le cinéma n’était pour moi qu’un divertissement parmi d’autres. J’avais bien fréquenté les salles obscures, découvert quelques productions estampillées The Walt Disney Company, parfois agréables, souvent anecdotiques. Rien, cependant, ne m’avait préparé à ce choc esthétique et émotionnel.
Avec E.T., tout bascule. Le film révèle soudain la puissance du médium : sa capacité à convoquer simultanément le rire et les larmes, à faire naître une émotion pure, persistante, presque indélébile. Spielberg ne se contente pas de raconter une histoire ; il capte quelque chose d’universel, une vérité intime sur l’enfance, la solitude et l’émerveillement.
Ce qui frappe, au-delà de la première vision, c’est la permanence de cette émotion. J’ai revu le film peu de temps après — les circonstances m’échappent aujourd’hui — mais l’impact, lui, était intact. Comme si l’œuvre résistait au temps, refusait de s’user.
À cet instant précis, Spielberg s’est imposé comme une figure majeure de mon imaginaire cinéphile, un cinéaste dont j’allais suivre le parcours avec attention.
Aujourd’hui encore, E.T. demeure indissociable de mon enfance. Il agit comme une véritable madeleine de Proust — pour reprendre l’image chère à Marcel Proust —, un point de cristallisation où mémoire et émotion se rejoignent. Plus qu’un souvenir, il est un repère, un jalon intime dans mon histoire personnelle avec le cinéma.