Steven Spielberg a connu une enfance marquée par la solitude. En raison du divorce de ses parents et de l'absence d'amis proches, il s'est souvent réfugié dans son imagination. Passionné par les phénomènes paranormaux et les objets volants non identifiés (OVNI), le jeune Steven se créa un compagnon imaginaire venu d'ailleurs, un être bienveillant avec qui il partageait ses pensées et ses rêves. Cette figure fictive, née de son besoin d’évasion et de réconfort, allait des années plus tard inspirer l’un de ses films les plus célèbres et les plus personnels : E.T. the Extra-Terrestrial.
De cette enfance solitaire est donc née l’idée fondatrice d’un scénario : un petit extraterrestre arrive accidentellement sur Terre. Livré à lui-même dans un monde inconnu, il fait la rencontre d’un jeune garçon, Elliott, qui, avec l’aide de ses frères et sœurs, va tout faire pour le protéger et l’aider à rentrer chez lui. Ce récit simple en apparence touche profondément par son humanité, son regard sur l’enfance, l’amitié, et l’acceptation de l’autre.
Bien que le scénario final soit signé par la scénariste Melissa Mathison, c’est Steven Spielberg lui-même qui est à l’origine du concept et de l’univers du film. Il a supervisé chaque étape de sa création avec une implication rare. Encore aujourd’hui, Spielberg déclare que le personnage d’Elliott et sa relation avec E.T. sont directement inspirés de sa propre enfance et de ses émotions faisant de ce film, son œuvre la plus intime.
Le 26 mai 1982, en France, E.T. the Extra-Terrestrial est présenté en avant-première mondiale lors de la cérémonie de clôture du prestigieux Festival de Cannes. Le film sort ensuite dans les salles françaises le 1er décembre 1982, où il rencontre un immense succès populaire et critique, touchant des générations de spectateurs par sa tendresse, sa poésie et sa sincérité.
La figure d’Elliott est le miroir direct du jeune Steven Spielberg. Solitaire, sensible et incompris, il incarne l’enfant que le cinéaste a été, tandis que E.T. représente son ami imaginaire, né d’un besoin profond d’évasion et de réconfort. La relation entre les deux personnages est d’une tendresse bouleversante. Le film baigne dans une atmosphère à la fois poétique, lumineuse, drôle et émouvante. Il capte avec une grande justesse les émotions de l’enfance, l’émerveillement, la peur de l’abandon et la force de l’amitié. Leur complicité transcende les mots : elle touche au cœur de tous les spectateurs, petits et grands.
Henry Thomas, Robert MacNaughton et Drew Barrymore incarnent avec une sincérité désarmante les trois frères et sœurs qui vont tout faire pour protéger E.T. Malgré leur jeune âge, leur jeu est d'une grande justesse, sans aucune fausse note. On s’attache à eux immédiatement. Ils incarnent l’innocence, la curiosité, et la solidarité de l’enfance. Grâce à leur performance, le spectateur s’identifie facilement : on se revoit enfant, fasciné par l’inconnu, prêt à croire en l’impossible.
John Williams sublime chaque instant du film avec sa bande originale. Véritable colonne vertébrale émotionnelle du récit, la bande son épouse parfaitement les états d’âme des personnages, en particulier le lien unique entre E.T. et les enfants. Williams compose ici l’un de ses plus beaux thèmes, à la fois enchanteur, mélancolique et triomphant. Sa partition accompagne la narration avec une délicatesse rare, renforçant chaque émotion sans jamais l’alourdir. Encore une fois, le compositeur livre un travail magistral.
Le talent de John Williams ne passe pas inaperçu : il remporte l’Oscar de la meilleure musique originale pour son travail. Le film est également récompensé pour la qualité exceptionnelle de sa bande-son, décrochant les Oscars du meilleur son, du meilleur mixage sonore et des meilleurs effets visuels. Ces distinctions soulignent l’excellence technique du film, qui allie prouesse artistique et innovation technologique au service d’une histoire profondément humaine.
Carlo Rambaldi récompensé de l’Oscar des meilleurs effets visuels mérite une mention toute particulière. Véritable légende des effets spéciaux, il conçoit un E.T. criant de vérité, à la fois étrange et attendrissant. Son Oscar est pleinement mérité. Le travail sur le visage de la créature est stupéfiant : les expressions faciales, les mouvements des yeux, la gestuelle lente et fragile de l’extraterrestre créent une illusion de vie saisissante. Grâce à Carlo Rambaldi, E.T. devient un personnage à part entière, capable d’émouvoir par un simple regard.
C’est un film qu’on découvre enfant, les yeux grands ouverts sur le merveilleux, et qu’on redécouvre adulte, avec un regard attendri et empreint de nostalgie. En devenant parent, on se projette dans le personnage de Mary, la mère des enfants, brillamment interprétée par Dee Wallace, dépassée par les événements mais profondément aimante. À chaque visionnage, la magie opère à nouveau. Le film ne vieillit pas : il continue de faire rêver, de faire pleurer, et surtout, de réconcilier l’enfant que nous étions avec l’adulte que nous sommes devenus.
E.T. the Extra-Terrestrial est bien plus qu’un film de science-fiction : c’est un conte moderne sur la différence, l’amitié et la résilience de l’enfance. À travers cette histoire d’un petit être venu d’ailleurs, Steven Spielberg livre un récit profondément personnel, universel et intemporel. Porté par des acteurs bouleversants, une musique inoubliable et des effets spéciaux révolutionnaires, le film continue de toucher le cœur des spectateurs du monde entier. Une œuvre magique, essentielle, et tout simplement inoubliable.