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le 23 janv. 2023
SuivreL'oreille cassée
Il y a toujours, dans le cinéma de Lucile Hadzihalilovic, des enfants, mais des enfants que l’on soumet à une autorité adulte dont on ne sait vraiment les intentions. Toujours aussi ces endroits...
C'est bien bien perché, comme attendu. Elle n'a pas son pareil pour créer des ambiances narratives et esthétiques qui suintent d'une inquiétante étrangeté, entre poésie surréaliste et suggestions malaisantes.
Beaucoup de symbolisme dans ce film, plus que ses précédents (Innocence, Evolution), parfois asséné à coups de poing dans la gueule, parfois énigmatique.
Tout son dispositif vise à créer un état hypnotique et de la confusion qui se démêleront au fur et à mesure en une montée en tension rageuse. La réalité et les souvenirs ou les rêves se mélangent, les personnages aussi, la chronologie est en ligne brisée.
Ca peut sans doute laisser froid pas mal du public, mais la construction du film est vraiment intéressante, elle prend en otage le spectateur et l'immerge dans un sentiment de malaise diffus dont on a du mal à discerner les tenants et les aboutissants à première vue. Et puis ça se met en place inexorablement.
Visuellement, c'est superbe. Photo sépulcrale dans une pénombre quasi constante, tout est filmé à la lumière naturelle ou à la lampe intradiégétique faiblarde.
Beaucoup de jeux avec le verre, les miroirs, les liquides qui seront autant de filtres naturels.
L'image est tour à tour glaciale ou déformante de ses sujets.
Mise en scène extrêmement dépouillée qui rajoute une couche surnaturelle et angoissante à l'ensemble.
Bien que le scénario n'ait aucun rapport, ça m'a rappelé les sensations dérangeantes que suscite Le Locataire de Polanski.
C'était cool et assez perturbant
Créée
il y a 5 jours
Critique lue 3 fois
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