10
le 20 sept. 2024
SuivreLe sommet de Roz
Il est difficile pour un studio d'entamer un nouveau chapitre de son histoire. Chez Disney, après la mort de son créateur, il y a eu tout un bouleversement qui a poussé le studio à se réinventer et à...
De tous les courts métrages présentés durant l’Étrange Festival, s'il y a des courts métrages qui étaient très attendues (Have a great Apocalypse étant de loin celui le plus attendues et médiatisé, surtout par la sphère du Youtube ciné), Eclosion est de loin celui qui était le plus attendu au tournant pour le palmarès final. Premier lauréat du prix midnight special au Festival d'Annecy, c'est une proposition en stop motion en provenance de république dominicaine qui pouvait qu'interpeller et que j'avais extrêmement hâte de découvrir... malgré quelques réticences. Il est devenu presque cliché de susciter du creepy avec l'animation stop motion comme More, et j'ai souvent eu du mal à être surpris par les propositions en stop motion qui reposaient exclusivement sur l'irrégularité de la stop motion pour mettre mal à l'aise. L'exemple parfait de cela reste Memory Hotel et Playing God l'année dernière, prix du public court métrage à l’Étrange Festival, qui m'ont tous deux moyennement convaincu... et malheureusement Eclosion les rejoint sous plein d'aspects.
Si on peut relever quelques "facilités" de montage, notamment lorsque le personnage va être propulsé ou dans une action plus rapide que la normale, on ne peut pas remettre en question une très grande maitrise technique. Il y a un très beau travail sur la rugosité de la matière et un caractère presque luisant à la peau pelée à vif qui sous entend une forme de vulnérabilité du côté du fœtus, mais aussi une forme de candeur et presque d'humanité du côté de l'oiseau. On a presque tout un questionnement sur ce qui reste de notre humanité lorsque l'on vient à adopter les codes d'un système de pensé qui pousse à blesser pour conformer, peu importe les dégâts au long terme. On est alors parcouru d'un sentiment très paradoxale d'être touché autant qu'horrifié face à un parent qui maltraite son enfant pour essayer de le conformer à une certaine vision de la vie que l'on devine mauvaise lorsque l'on voit l'état de l'oiseau qui tente d'élever son enfant. Le film développe ainsi un format qui se rapproche presque au conte... mais qui malheureusement n'arrive jamais à trouver une quelconque forme de pertinence.
On sent une minutie et une véritable passion pour l'animation stop motion, et cela pousse la réalisation à appuyer outre mesure les scènes pouvant mettre en avant la beauté de l'animation. Le souci étant que cela passe par des scènes de torture qui sont glaçante de vraisemblance, mais surtout très malsaine et presque pesante dans un film qui n'a pas tant pour vocation d'être particulièrement violent dans son propos de fond. L'ensemble des techniques de conformisation du parent sur son enfant sont essentiellement des scènes pour plonger dans un climat anxiogène pas nécessaire, et qui relève presque d'un torture porn mal venu et vulgaire. Là où le film présente une histoire douce amer qui tend vers une proposition assez délicate et poétique, les phases de gore et d'horreur amènent le film vers une violence fantasmée et presque hors sujet qui gâche un peu le visionnage, nous perdant dans les intentions du film qui se retrouve pas assez gore et démonstratif pour être divertissant dans une logique de torture porn, mais à la fois trop focalisé à esthétiser une violence que le film cherche à remettre en question. On peine à s'investir dans les personnages et, même si le final peut paraitre impressionnant, dans une forme de grandeur et de renversement des forces, on peine à ressentir toute la puissance d'un récit qui se perd et traine presque en longueur. C'est vraiment décevant faute d'être inintéressant. Probablement que le film peut repartir avec un prix, à l'image de Playing God l'année dernière, je trouve ça dommage qu'autant de potentiels se retrouve mal exploité.
9,5/20
N’hésitez pas à partager votre avis et le défendre, qu'il soit objectif ou non. De mon côté, je le respecterai s'il est en désaccord avec le miens, mais je le respecterai encore plus si vous, de votre côté, vous respectez mon avis.
Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Étrange ? PIFFF ? Gérardmer ?
Créée
il y a 4 jours
Critique lue 2 fois
10
le 20 sept. 2024
SuivreIl est difficile pour un studio d'entamer un nouveau chapitre de son histoire. Chez Disney, après la mort de son créateur, il y a eu tout un bouleversement qui a poussé le studio à se réinventer et à...
9
le 21 déc. 2022
SuivreIl n'est pas rare que les contes, ainsi que les récits de la littérature orale, commence par "il était une fois...", "Il y a bien longtemps" [...] Le temps de la mémoire nous situe dans une longue...
5
le 2 mars 2026
SuivreIl est devenu un sport international que de taper sur les propositions Disney. C'est notamment le cas des propositions modernes Pixar qui, en plus d'être assimilés de manière injuste aux productions...