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Citizen Vain
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le 16 juil. 2025
En tant que professeur documentaliste, j’enseigne l’éducation aux médias et à l’information. C’est une matière qui a pour objectif idéal (sacré défi!) de former les adolescents à exercer leur esprit critique afin d’en faire des « citoyens éclairés », des « citoyens du 21e siècle », dans le sens où ils seraient capables d’avoir du recul par rapport par exemple aux contenus auxquels ils sont exposés sur les réseaux sociaux en apprenant à repérer si une information est valable et non.A ce titre, ce film n’est pas inintéressant dans le fait d’évoquer une « guerre de l’information » en montrant les différentes utilisations qui peuvent être faites des réseaux sociaux, de la télé, pour exposer « sa vérité ». Ari Aster, réalisateur, scénariste et producteur sur le projet, évoque également brièvement la notion de « deepfake ». On vit dans une société divisée avec une grande hétérogénéité des communautés et où l’hyper-individualisation a quelque peu fait disparaitre un sentiment d’appartenance à un collectif. Ceci étant dit, si on reste en surface et qu’on va pas explorer plus loin, dans la complexité, les polémiques ou les controverses qui surgissent au sein de la société, excusez-moi mais on est un peu sur un poncif de boomers « ohlala mais le problème dans la société c’est que les gens sont trop égoïstes et sont trop sur les écrans ». Alors je force un peu le trait parce qu’Aster fait quand même preuve d’une certaine complexité dans la réflexion sur la question de la vérité mais globalement il fait d’un film avec beaucoup de « thèmes politiques » (les violences policières, le Covid, le racisme, le colonialisme, les théories du complot, les religions etc) un film « apolitique » puisqu’il ne prend aucune décision et met un peu toutes les communautés dans le même sac. C’est assez médiocre politiquement à mon avis de penser par exemple qu’on peut mettre sur le même plan des gens qui promeuvent des théories du complot et des manifestants qui luttent après le meurtre de George Floyd, symptomatique d’un racisme systémique au sein de la police américaine: https://www.20minutes.fr/monde/etats-unis/4055245-20230928-etats-unis-racisme-systemique-empoisonne-police-justice-americaines
Il s’agit pas de différentes communautés qui seraient toutes égales dans la valeur de leurs revendications sans qu’on puisse déterminer qui a raison, qui a tort, et qui ralent pour différent motifs parce qu’ils s’ennuient le dimanche, et c’est dommage qu’Aster ne s’intéresse pas plus aux causes de ces mouvements/idées et à quel point elles sont basées sur des informations fiables, fondées scientifiquement. Si on considère le film comme un film politique (bien qu’en soi tout soit politique mais bon bref) c’est donc moyen dans le propos. Là où le film réussit le mieux finalement, ce qui fait que je trouve quand même l’ensemble pas mal, c’est que certaines scènes comiques/idées farfelues sont bien amenées: par exemple la scène où le shérif (Joaquin Phénix) et le maire (Pedro Pascal) se disputent en allumant puis en éteignant le sound system qui diffuse « Firework » de Katy Perry, le shérif qui demande à ses hommes d’acheter les poupées bizarres de sa femme (Emma Stone), ou encore l’absurdité des délimitations des frontières entre les différents comtés qui vont visiblement parfois jusqu’à découper administrativement une maison en 2 territoires différents.
Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes les films les plus surcôtés de l'histoire du cinéma et Les films les plus prétentieux
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le 20 juil. 2025
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