Eddington
6.2
Eddington

Film de Ari Aster (2025)

C'est le premier film que je vois de ce réalisateur, et ce fut une superbe expérience ! Le film offre à la fois un scénario qui parvient à ouvrir de multiples pistes sans jamais en abonner une seule, mais est en plus réalisé avec brio.


Le film s'articule en 3 parties. La première, celle de la confrontation entre le shériff incarné par Joaquin Phoenix et le maire joué par Pedro Pascal est celle où toutes les lignes sont lancées : ce shériff clairement pas bien à l'aise dans son costard, surtout en pleine pandémie de covid, les enjeux économiques liés aux élections municipales, la belle-mère complotiste, l'épouse qui semble souffrir d'un mal profond, le sdf qui ouvre le film, etc. Malgré la multitude de pistes ouvertes, en tant que spectateur on ne se perd jamais et surtout on ne s'ennuie jamais. Les dialogues sont vivaces.


Mais alors qu'on a l'impression que le film suit sont chemin, l'assassinat du maire vient subitement changer la donne. On assiste alors à un thriller sur fond de révolte autours de la mort de George Floyd, victime de violence policière raciste. Et si encore un fois on croit que le film va prendre cette voie jusqu'à sa fin, un nouveau retournement se produit à l'intervention des terroristes.


On entre alors dans une dernière partie absolument phénoménale. Toutes les théories du complot rabâchées par la belle-mère semblent prendre vie dans une spirale paranoïaque. On en vient même à se demander si Phoenix n'est pas en train d'halluciner la fusillade finale (ce qui m'a le plus fait poser cette question, ce sont les capacités de tir des assaillants variant en fonction des besoins du scénario - dans bien des cas ce serait un reproche, ici ce n'est pas le cas). Cette fusillade, qui pour moi arrive presque à égaler l'intensité de celle de HEAT, est superbe dans ses mouvements de caméra vifs, et surtout ce long plan qui pivote autours du personnage et où l'on cherche, en même temps que lui, une silhouette tapie dans l'ombre.


Le final est hilarant, on assiste au syncrétisme de tout ce que l'on vient de voir. Les complots existent, les magouilles politiques suivent leur cours ; le shériff, devenu maire malgré les séquelles de sa fusillade, vie dans une superbe maison clairement pas payées par ses émoluments d'élu, et il dors avec sa belle-mère, qui dors avec leur assistant de vie.


Et le portrait du beau-père incestueux trône toujours au milieu du salon.

Souppalognon
9
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le 17 juil. 2025

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Souppalognon

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1

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