Eddington
6.2
Eddington

Film de Ari Aster (2025)

En quittant la salle, je n’étais pas très sûre de ce que je venais de voir, sinon que j’avais au moins assisté à un film. Eddington m’a laissée avec une impression mitigée : je n’ai pas vraiment aimé, parfois je me suis ennuyée. La narration m’a semblé par moments dense, puis s’égarer dans une forme d’errance qui me laissait perplexe. Je ne comprenais pas bien où on voulait en venir. Ma première impression s’est traduite par une note de 6/10.

Quelques jours ont passé et je me suis surprise à repenser au film de plus en plus souvent. D’abord, à travers ses personnages. Chacun agit et pense selon le filtre unique de son vécu, de ses blessures, de ses croyances, que le spectateur les approuve ou non. On peut être en désaccord avec eux, voire les trouver agaçants, mais on comprend que chacun cherche avant tout à faire ce qui lui semble juste avec ce qu’il est, quelle que soit sa motivation.

Eddington ne prend pas parti : il pose un miroir face à nous et nous montre combien nos interprétations dépendent du prisme à travers lequel nous regardons le monde. Comment juger quelqu’un à partir de ses opinions ou de ses actions, quand elles ne sont que le reflet de ses expériences individuelles, de ses certitudes (ou incertitudes) ? Refuser de reconnaître cela, n’est-ce pas aussi nier sa sensibilité et donc son humanité ?

Le film saisit cette tension universelle : le désaccord, parfois violent, entre des visions du monde qui peuvent être opposées mais authentiques pour ceux qui les portent. Au fond, personne n’aurait vraiment tort ou raison. Dans ce cadre, il n’y aurait pas de vérité absolue, seulement des vérités plurielles, parfois contradictoires mais, d’une certaine manière, toutes sincères.

Au-delà de ses personnages, *Eddington *s’adresse directement à notre époque, où les réseaux sociaux tendent à caricaturer les opinions, polariser les vérités et accentuer les divisions. Ces plateformes amplifient nos bulles de perception, enfermant chacun dans son propre filtre. Résultat : on se comprend de moins en moins, on dialogue de moins en moins et cette absence de lien semble au cœur des fractures et des tragédies de notre temps.

Avec un peu plus de recul, je vois désormais Eddington comme un appel à quelque chose d’essentiel : recréer du lien. Car lorsque l’on reste enfermé dans sa propre bulle, on perçoit clairement où l’absence de connexion (ce paradoxe à l’ère « ultra-connectée ») peut nous conduire. Pour moi, ce film se lit comme un plaidoyer pour tendre la main, dialoguer, chercher à mieux se comprendre. Car renouer avec l’autre, sans chercher à imposer sa vision du monde, apparaît alors comme un chemin vers une possible réconciliation.

tadv
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le 20 août 2025

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tadv

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