Au début des années 1930, un philosophe allemand décide de rejeter les valeurs de son pays, et va vivre dans une ile reculée de l'archipel des Galápagos en compagnie de son épouse. Lui va écrire un manifeste sur cette expérience particulière, loin de tout, sans aucune habitation, tandis qu'elle veut guérir de sa sclérose en plaques à l'aide de la méditation. D'autres personnes vont arriver sur l'ile et remettre en cause cette notion de société idéale.
Depuis Solo, Ron Howard n'a plus les faveurs du grand écran, et se tourne majoritairement vers les plateformes, comme ici avec Prime Video, et il a bien fait, car les quelques chiffres en salles annonçaient un désastre, car le résultat est tout à fait moyen. Il faut savoir que c'est tiré d'une histoire vraie, aussi folle soit-elle, celle de créer une société utopique, sans argent, uniquement avec le troc comme monnaie d'échange, en union avec la nature. Mais pour un sujet aussi fort, c'est extrêmement prévisible, à savoir qu'à plusieurs, ces beaux espoirs vont partir en fumée, car il va y avoir des pensées, opinions ou avis différents, et tout ça va mettre à mal l'harmonie qu'avaient crée cet homme et son épouse, joués par Jude Law et Vanessa Kirby. On retrouve aussi Daniel Brühl, Sydney Sweeney, Ana De Armas ou encore Richard Roxburgh. La photo est très belle, avec une teinte tirant vers le verdâtre, comme si la météo faisait des siennes, et en voyant l'archétype des personnages, surtout celui de la baronne, on comprend très bien où cela va aller. D'ailleurs, la meilleure scène concerne cette dernière, et sa tentative de séduction envers George Allan Hancock, un homme très riche qui s'est posé durant quelques jours sur l'ile, et on voit qu'elle joue la comédie afin de le conquérir et qu'il puisse l'emmener en Amérique. Mais il ne tombe pas dans le panneau, et renvoie cette femme à ses illusions perdues. Les acteurs sont assez inégaux aussi où, à l'exception de Daniel Brühl, aucun n'est allemand comme le furent les personnages dans la réalité, et ils forcent parfois l'accent comme Jude Law qui est parfois ridicule avec ses airs poseurs à la manière d'un film soviétique des années 1950, le torse en avant.
Au vu de sa carrière, je pense que Ron Howard n'a plus rien à prouver en tant que réalisateur, ses réussites parlent pour lui, mais Eden est sans doute mineur dans son oeuvre, malgré cette histoire au fond assez folle, et qui était déjà une réflexion par rapport à ce que l'Allemagne allait vivre durant cette décennie.