Jeune réalisateur colombien, Juan Sebastián Quebrada a été profondément marqué par la mort de son frère, il y a 9 ans. Son premier long-métrage (après un film de fin d'études et un court) ne pouvait manquer d'évoquer ce drame personnel, même si à la part autobiographique de l’œuvre est sans doute mêlée d'une part de fiction, difficilement quantifiable. Ce film de deuil, très émouvant et souvent impudique, ne tombe heureusement jamais dans un sentimentalisme appuyé et s'abstient de tout jugement des réactions très contrastées des proches du défunt, à savoir ses parents, sa petite amie et surtout son frère, très proche de lui. La vie continue et c'est à chacun de s'armer à sa manière pour l'affronter, entre solitude et solidarités familiale et amicale. El otro hijo s'impose par sa profondeur psychologique, la qualité de son interprétation et une mise en scène tout en finesse, avec ses pleins et ses déliés, à la fois élégante, fluide et au plus près des corps et des visages. Les dialogues en disent moins long que les silences et les postures. Assez différent de la plupart des métrages colombiens vus ces dernières années, de par le statut social, plutôt privilégié, de ses protagonistes, El otro hijo n'en a pas moins un impact fort, sur un sujet universel, celui de la mort d'un être aimé, traité avec la force sereine des peines jamais oubliées mais constitutives d'une reconstruction nécessaire pour aller de l'avant.