Après s'être ouvert sur deux scènes d'anthologie qui laissait espérer une œuvre décalée et iconoclaste, Rojo n'avait fait que me décevoir sur la durée avec un propos très gaucho qui - malheureusement - suintait la facilité pour un résultat qui ne m'aura pas convaincu des masses. Pour son nouveau film, qu'il coréalise avec Maria Alché, Benjamin Naishtat fait un peu mieux pour un film qui lui aussi démarrait fort pour se diluer au fil de son intrigue.
Alors oui, El Profesor reste dans cette mouvance très orientée à gauche, bon faut dire aussi que cette histoire d'homme d'âge mûr, professeur de philosophie un peu raté, qui souhaite profiter du décès de son mentor pour récupérer sa chaire à l'université ne cherche absolument pas à cacher son discours politique (surtout sur la fin). Mais voilà, sans être transcendant et en utilisant des thèmes ma foi assez courant sur le temps qui passe et les secondes chances qui peuvent se présenter sur le tard, le film se laisse suivre sans problème grâce à son personnage principal incarné avec talent et nuances par Marcelo Subiotto (et parfaitement secondé par son rival charismatique à l'écran Leonardo Sbaraglia) et la subtilité de la mise en scène des deux réalisateurs.
Bref, pas un chef d'œuvre, El Profesor n'en reste pas moins un film solidement écrit et interprété, dont les thèmes sont en phases avec la situation politique en Argentine!!