Bon, l’ensemble est assez amateur, en témoigne ces dix premières minutes faites de plans serrés et de scènes du quotidien qui nous rappellerons les projets de fin d'année des étudiants cinéma (notamment quand elle filme les deux amies assises sur un banc, passent quelques minutes et ce même banc est utilisé pour annoncer le décès d'une des deux... Qui n'a jamais eu cette idée de mise en scène qu'il pensait novatrice et unique !). On sent que Scarlett Johansson a simplement su s’entourer d’une bonne équipe de tournage pour son premier film, mais qu’elle a voulu garder la main sur tout le reste. La mise en scène est pauvre voire inerte; heureusement que les acteurs sont là pour rattraper le coup.

Et encore, la plupart n’ont pas le temps de réellement s’exprimer tant les plans lors des dialogues s’enchaînent : un personnage n’a même pas dit deux phrases qu’on filme déjà la réaction de son interlocuteur.


Pour la partie émotion à la fin du film, ce n’est pas génial non plus. En plus d’être là uniquement pour vous laisser sur le cul en guise de conclusion et vous convaincre que l’entièreté du film était profonde, ce n’est même pas une scène émouvante. Du moins, elle ne l’est pas pour tous ceux qui auraient déjà vu des témoignages de véritables survivants de l’Holocauste dans Shoah, Les Derniers Jours ou d’autres documentaires sur le sujet. L’actrice de Bessie abuse tellement de la dramaturgie qu’elle en perd son authenticité et sa justesse.

Pour le reste (la relation mère-fille, la vieillesse, le judaïsme, le deuil...) c'est plutôt maîtrisé mais sans prendre de risque, tout repose sur les épaules du génial duo hétéroclite (June Squibb et Erin Kellyman) qui rythme le film par son originalité et sa pureté.


Enfin, une petite pensée pour cette bande originale atroce, d’une lourdeur gênante avec ses mélodies de piano présentes uniquement pour nous assister, mais je développerai cette fâcheuse habitude du cinéma étatsunien dans une future critique à propos d'un film qui va faire sensation par son aspect coup de poing....

PabloEscrobar
5
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Les meilleurs films sur l'usurpation d'identité, Je trinque pour 2025 et Le RIFF 2025

Créée

le 28 sept. 2025

Critique lue 401 fois

PabloEscrobar

Écrit par

Critique lue 401 fois

5
2

D'autres avis sur Eleanor the Great

Eleanor the Great

Eleanor the Great

9

cadreum

1062 critiques

Entre rires et larmes

Qui est le film ? Eleanor the Great est le premier long métrage réalisé par Scarlett Johansson. Présenté à Cannes dans la section Un Certain Regard, il a immédiatement attiré l’attention : un projet...

le 10 sept. 2025

Eleanor the Great

Eleanor the Great

5

PabloEscrobar

66 critiques

Lost in Usurpation

Bon, l’ensemble est assez amateur, en témoigne ces dix premières minutes faites de plans serrés et de scènes du quotidien qui nous rappellerons les projets de fin d'année des étudiants cinéma...

le 28 sept. 2025

Eleanor the Great

Eleanor the Great

6

Marlon_B

918 critiques

Une quête de soi noyée dans le mélodrame

Eleanor the Great se veut un drame sensible sur la perte, la mémoire et la solitude, mais se perd souvent dans une profusion de bons sentiments et une musique sirupeuse qui souligne trop lourdement...

le 6 nov. 2025

Du même critique

Wonka

Wonka

8

PabloEscrobar

66 critiques

Oompa Loompa Doopety Doo

Willy Wonka fait parti de ces rares personnages adaptés au cinéma qui rajeunissent à mesure qu'ils font leur apparition dans un nouveau film.Originaire du célèbre livre de Roald Dahl sorti en 1964,...

le 24 déc. 2023

Hunger Games - La Ballade du serpent et de l'oiseau chanteur

Hunger Games - La Ballade du serpent et de l'oiseau chanteur

5

PabloEscrobar

66 critiques

Snow, embras(s)ez la mariée

Imaginez vous un instant être dans la peau de Coriolanus Snow. Un jeune adulte intrépide et ambitieux, le visage doux aux bouclettes dorées, sociable avec la Haute jusqu'à fréquenter le fils du...

le 15 nov. 2023

Pauvres Créatures

Pauvres Créatures

7

PabloEscrobar

66 critiques

Oh Bella Ciao

Ainsi débute l'année 2024. Véritable hagiographie de la liberté sexuelle féminine, Poor things est une œuvre pleine d'humour à la texture d'image épurée et richissime de couleurs qui scande les...

le 4 janv. 2024