août 2011:

Le dernier film de Blake Edwards que j'avais vu a été "SOB" qui ressemble beaucoup à ce "10" : on y évoquait déjà une grande difficulté de vivre. Là où "SOB" prenait la forme d'une grande farce, protubérance de gags désopilants texaveriens, de facéties morbides et délirantes, on trouve ici un "10" beaucoup plus intimiste. Il faut attendre longtemps avant que le scénario daigne lâcher quelques caisses de bons vieux gags physiques.

Mais dans l'ensemble, le film reste beaucoup moins burlesque et développe un comique pathétique où les bons mots de Dudley Moore et de Julie Andrews bâtissent les fondations d'une histoire amusante mais somme toute assez ridicule : la quarantaine angoissée, un compositeur célèbre se paye une crise carabinée mettant en danger sa relation amoureuse.

Son parcours un peu puéril est fort heureusement contrebalancé par des situations très drôles où les personnages passent leur temps à se louper ou à se télescoper avec fracas. Son périple à tout de l'initiation. Le comique ou le ridicule du personnage provient de cette incapacité adolescente à affronter ses doutes. Comme obligé de passer une à une des épreuves finalement très balisées, aux yeux du public évidentes, la pauvre marionnette doit se coltiner les échecs, son impuissance et suivre un courant impétueux, irrépressible curiosité, afin d'accepter ses désillusions et enfin, devenir un homme mon fils. Ce n'est que quand il aura vaincu son "Shere Khan" (la très belle Bo Derek, qui comme notre BB nationale finira très conne et fripée dans sa tête) qu'il pourra revenir aux bercailles, la quarantaine assumée, le cœur et la bistouquette disponibles.

Pauvre Dudley Moore qui passe de Charybde en Scylla tout le long du film, j'espère ne pas connaitre pareille épreuve l'âge venant! Foutre que c'est dur!

Encore que passer une nuit avec une fille aussi belle que cette Bo Derek ne serait pas pour me déplaire. J'aurais toujours en mémoire la découverte de ses yeux bleus et du dessin enivrant de ses seins, incroyables, dans un "Lui" des années 80 dégotté je ne sais où. Heureux temps, encore seulement érotique, de mon adolescence! Même si la pauvre a viré fieffée réac, voire fachoïde (NRA), elle restera une des mes icônes de jeunesse, premiers émois, premières érections, premiers papiers glacés tremblotants et premiers envols vers un imaginaire plein de promesses.
Alligator
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le 19 avr. 2013

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