Un magnifique hommage pour le personnel soignant, un bel exercice pour le cinéma suisse et presque un supplice pour moi. Heldin je ne l'ai pas visionné, plutôt subi. Détestant les hôpitaux et virant au blanc à la simple vue d'une pose d'intraveineuse, l'expérience aura été particulièrement éprouvante, mais ce n'est pas pour me déplaire.
Le cinéma suisse se présente souvent sous une forme très austère. Froid, clinique (lol), dur, nous ramenant parfois à une brutale réalité. Heldin coche immédiatement cette case de par sa thématique et son filmage, principalement exécuté caméra à l'épaule. Ici, on est au cœur de l'action, suivant de près une infirmière enchaînant les missions qui s'empilent telles des factures en fin de mois. Chaque sonnerie de téléphone, chaque interruption dans les couloirs sont signes d'une future galère, et le personnage incarné par l'excellente Leonie Benesch s'enfonce dans l'abîme que sont les chambres d'hôpital et les blocs opératoires. Tout semble aller contre elle, et les cas des patients semblent s'empirer. L'infirmière commence à vaciller, prête à exploser. Le film bouilloire ultime si j'ose dire (métaphore peu subtile apparaissant littéralement dans le long-métrage).
Certainement pas l'œuvre suisse la plus profonde ni la plus intéressante visuellement, Heldin frappe fort avec sa radicalité et son côté profondément humain. À l'image du précédent long-métrage de la réalisatrice traitant de la lutte pour le suffrage féminin en Suisse, ce film-ci est d'une profonde importance dans notre société actuelle, rappelant que même confronté au pire, on finit toujours par trouver le meilleur et affronter ensemble la dureté de la vie.