Floria arrive à l’hôpital pour prendre son tour de garde. Le service est presque plein, et l’une de ses collègues est absente. La soirée promet d’être longue et mouvementée.
Il y a un petit air de déjà-vu dans cette histoire, tant les séries médicales ont surexposé le métier à l’écran et imposé leurs codes. L’un des derniers exemples en date est l’excellent The Pitt, avec Dr Carter ou plutôt Noah Wyle en héros du quotidien fragilisé. L’intérêt ici est que l’établissement mis en scène n’a rien d’américain et s’éloigne des excès liés au genre. Il se situe en Suisse alémanique. Mais malgré la richesse du pays, les équipements de valeur et les salaires plus élevés qu’ailleurs, il y a « urgence ».
Au début, les gestes sont rapides, les sourires encore de rigueur. Pas le temps de souffler néanmoins, le bleu de travail porte bien son nom. Il faut passer de chambre en chambre, déplacer les lits, préparer les médicaments, soulager les douleurs, supporter les aigreurs, prendre le temps de regarder une photo, répondre au téléphone, ramasser la « merde » des autres pour un « Danke » arraché du bout des lèvres… Le rythme s’accélère, soutenu par une musique qui évoque le tic-tac d’une bombe à retardement. À force, l’épuisement conduit à des erreurs et à des folies à 40 000 francs, seule rupture amusante de ce quasi-documentaire devenu thriller, où le silence est bien souvent synonyme de mort.
Dans le rôle de l’infirmière, Leonie Benesch semble aussi oppressée que dans La salle des profs. Et comme pour la réconforter, la réalisatrice de L’ordre divin dévie un peu de sa lancée dénonciatrice pour apaiser les esprits. Quelques grammes de fantastique poétique dans un monde de brutes… dans lequel, d’ici 2030, manqueront 13 millions de soignants, dont 30 000 en Helvétie.
(6.5/10)
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