Quel film plein d’énergie et de vie! Et pourtant il y a la mort qui rôde tut du long mais Anaïs Vogel a fait le choix d’encenser la vie autour de cette histoire d’amitié à la puissance rare et incontestable. On pense beaucoup au duo de « Tout ce qui brille », Leïla Bekhti et Géraldine Nakache, par la complicité sincère et naturelle entre les deux actrices. Mais dans une version plus tragique et plus énervée. Même si c’est le second film de la cinéaste, il y a certes encore beaucoup de tics de premiers long-métrages comme un côté parfois un peu hystérique ou l’image saccadée avec cette caméra qui tremble. Des choix pas forcément indispensables mais qui colle d’une certaine manière à cette urgence qui parcourt tout le long-métrage. Mais ce côté parfois un peu amateur formellement n’enlève en rien à la magie qui se dégage de ce « Entre les vagues ». On est emporté par ce tourbillon de sensations et d’émotion tout comme la force qu’il dégage.
On n’avait pas vu une œuvre aussi belle, sincère et réussie sur l’amitié féminine depuis longtemps et beaucoup d’entre nous se retrouveront dans celle qui unit ces deux filles. Et si Déborah Lukumuena ne démérite pas, c’est la découverte Souheila Yacoub qui ravage tout sur son passage. Cette jeune actrice est incroyable. Déjà vue dans la claque cinématographique « Climaxx » dans lequel elle faisait partie de la troupe de danseurs, elle irradie et crève littéralement l’écran ave « Entre les vagues » dans son premier rôle principal. Une composition classique de meilleure amie qu’elle rend intense et incandescente. Mais surtout plus vraie que nature. Il n’y a qu’à voir comment elle transforme de simples scènes amoureuses en douces caresses et comment sa rage et ses pleurs sont partagés à travers l’écran. Si cette actrice et son duo amical ne vous font pas verser au moins quelques larmes...
« Entre les vagues » parvient à être tout de même pétillant et joyeux malgré la maladie en épée de Damoclès menaçant l’une d’elles et leurs rêves. La complicité qui unit les deux actrices nous donne le sourire et leurs petites combines sont drôles et presque attendrissantes. Le montage est dynamique et se singularise par tous ces plans de coupe où l’on voit de images de New York à l’ancienne, ville qui symbolise leur rêve théâtral à toutes les deux. Et on se reconnait aussi dans le dilemme moral qui touche Margot, à savoir si elle doit prendre le rôle dévolu à son amie au risque de le peiner. Bref, sans être le film du siècle, ce petit film sans prétention est une véritable bouffée d’air frais, de bonne humeur, de rires et de larmes qui nous fait passer un beau moment avec force et humilité mais une sacrée dose de sublime.
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