Dire que l'on passe un mauvais moment serait abusif. Dire que c'est le grand ravissement aussi. Christophe Barratier qu'on a connu plus inspiré nous livre là un film consensuel à souhait. En ces temps de libération des écrans après la grande frustration, on aimerait s'enthousiasmer pour ce film généreux et optimiste. Tant il est vrai que l'on a besoin de tendresse, de rapports humains renoués, de choses simples et fraternelles. Pourtant, malgré nos bonnes dispositions, ce film laisse sur sa faim. Le scenario est tellement prévisible que c'en est un sujet de quiz. La mise en scène tellement pâlotte que l'on dirait un film d'école de cinéma. Quant aux comédiens; Gérard Lanvin nous donne son minimum syndical, sans aucune profondeur (le rôle n'est pas très bien approfondi, admettons-le) Le jeune Belmondo , très à l'aise , sympathique et solaire, nous surprend mais n'élargit pas sa palette au fil du film. Quand au jeune garçon, je l'ai trouvé souvent mal dirigé, sur expressif notamment dans la crise de craquage peu convaincante. Mais le plus regrettable à mon sens est d'ordre moral et même politique. En effet, le jeune Thomas qui joue les pères Noel auprès du petit malade a la chance d'être "fils à papa" et de pouvoir se servir de la carte bleue du paternel car TOUS les plaisirs qu'il offre à l'adolescent sont de l'ordre du consommable : Conduire une Alpine, faire du vol virtuel, participer à un Karaoké sur les Champs Elysées (le temps de partager la belle chanson de JJ Goldman qui donne son titre au film) voir la mer depuis une suite dans un hôtel 5 toiles de la Baule...Que des cadeaux de riches ! C'est très dommage, car donner c'est AVANT TOUT partager des moments gratuits mais intimes, se forcer à faire des choses inhabituelles sans pour autant avoir recours à Eurodisney. Cet aspect de leur relation m'a profondément éloignée des personnages et je n'ai pas ressenti la réelle de empathie avec eux. Cela reste un film honorable, plus près du téléfilm que de la production cinématographique.