Petit film d'exploitation sorti en 1982, Épouvante sur New York est le fruit du travail de Larry Cohen, véritable pape du cinéma de série B des années 70 et 80, connu pour des films tels que Black Caesar (1973), It's Alive (1974), Meurtre sous contrôle (1977) ou bien encore l'Ambulance (1990), il est aussi un remarquable scénariste, regorgeant d'idées et de concepts, même pour des films qu'il n'a pas réalisé comme, Pacte avec un Tueur (1987), Maniac Cop (1988) et bien sûr Phone Game (2003).
Le film qui nous intéresse ici, nommé Q: The Winged Serpent dans sa version originale, s'attarde sur une série de meurtres étranges à New York, que les détectives Shepard (David Carradine) et Powel (Richard Roundtree) vont tenter d'élucider, alors que l'hypothèse du rite religieux s'installe petit à petit dans les esprits et que le personnage de Jimmy Quinn, petit escroc joué par Michael Moriarty, tente de profiter de la situation, lui qui croise par accident la bête responsable de tout ce carnage.
Larry cohen mélange sur ce métrage plusieurs genres avec un certain brio. Non content de nous proposer une chasse au monstre jubilatoire avec un parfum de film catastrophe, celui-ci nous plonge également dans un univers poisseux, fait de flics en prise avec des sacrifices religieux et de gangsters sans scrupules usant du chantage. La bête fait ici presque office de fléau des dieux face à une ville de New York dépeinte comme une Babylone moderne. Si le tout peut paraître complètement foutraque avant que toutes les sous-intrigues se rejoignent, Larry Cohen maîtrise suffisamment son rythme pour maintenir l'attention et le plaisir du spectateur, qui a tout loisir d'apprécier le spectacle comme un pur délire régressif.
En plus d'une créature clairement fabriquée de manière artisanale (ce qui participe grandement au charme du film), nous pouvons également compter sur une galerie d'acteurs aux gueules cassées, plus ou moins impliqués dans leur rôle, comme un David Carradine qui a l'air ici en permanence shooté au xanax. Cette nonchalance dans l'acting, couplée avec des répliques écrites au cordeau et ultra vulgaires, rendent le métrage très mal aimable et très drôle, dans un vrai esprit de film de sale gosse (même si cela constitue aussi une limite, car difficile à prendre au sérieux).
Il ne faut cependant pas prendre ce Q pour ce qu'il n'est pas, nous n'avons pas ici de grands discours ou de grands thèmes abordés (autre que la dégueulasserie humaine), le film ne se prend pas au sérieux et il faut le voir comme un bon divertissement du dimanche soir, un brin fauché, mais bien troussé, qui n'a d'autres objectifs que de divertir son public (et c'est déjà pas mal). Notons aussi, l'influence énorme de Larry Cohen sur le cinéma bis durant toute sa carrière, des années 70 jusqu'au début des années 2000, lui qui fut une incroyable machine à concept, avec une faculté folle à pondre des synopsis accrocheurs et originaux. Un réalisateur/scénariste indéniablement attachant.
Épouvante sur New York est à retrouver en Blu-ray dans la collection angoisse chez Rimini.