Gérard Pirès réalise une comédie détonante (sur la forme) inspirée d'un sujet de Nicole de Buron et reflétant, donc, des préoccupations féminines sinon féministes.
La mise en scène s'articule autour de la relation de couple d'Annie Girardot et Jean Yanne, Annie s'attristant, jusqu'à envisager de prendre un amant, de l'indifférence de son mari Philippe, par ailleurs petit patron vociférant et grande gueule (du pur Jean Yanne) soumis à un contrôle fiscal (par un Francis Blanche inquisiteur et sournois).
Si le film rompt avec l'ordinaire de la comédie des années 60, il épouse complètement la mode et les moeurs volontiers psychédéliques de la période, d'où ce côté rétro qui apparait aujourd'hui très marqué. L'originalité et la vivacité du récit proviennent de la réalisation libre et digressive de Pirès. Le cinéaste joue avec le montage, qui devient de la sorte un moyen comique, incorpore des plans et des séquences de type publicitaire évoquant notamment la société de consommation et cette mode de l'érotisme appliqué aux produits qu'achète la ménagère.
Rythmé et décousu, le film prend l'apparence d'un patchwork un peu confus, certes pas très profond concernant les moeurs de la fin des années 60, mais joyeux et tonique.