Alors que son mari est en prise avec un contrôleur fiscal un peu trop zélé, son épouse s'interroge sur son pouvoir de séduction après avoir lu un article demandant aux femmes si elles en font assez, à savoir, si elles restent encore désirables aux yeux de leurs hommes.
Erotissimo est le premier film réalisé par Gerard Pirès, qu'on connait pour L'agression et surtout le premier volet de la saga Taxi. Pourtant, il réalise là quelque chose qui est typiquement en phase avec son époque, à savoir la libération sexuelle. Ça parle de sexualité, on voit des femmes nues dans des publicités, c'est l'expression d'une époque qui se met à changer, de l'émancipation des femmes, la libération des mœurs, le désir qui se montre plus ; après tout, on ne dit pas que 69 est une année érotique ?
L'argument de base est en soi séduisant, mais il s'agit plus d'une suite de scénettes où Annie Girardot va tester son pouvoir de séduction en changeant sa coiffure, en s'habillant de manière plus aguicheuse, tout cela pour provoquer le désir chez son mari, Jean Yanne, qui n'en a que faire, car lui, son souci, c'est ce contrôleur fiscal, qui est incarné par Francis Blanche.
Je dirais même que c'est un film de potes, quand on voit la quantité hallucinante d'invités, parfois pour quelques secondes ; Daniel Prévost, Jacques Martin, Serge Gainsbourg, Rufus, Jacques Balutin, Venantino Venantini, Fabrice ou même Patrick Topaloff. Mais tout ça pour au fond, ne pas raconter grand chose, le tout avec un ennui poli, et où le montage est parfois haché, avec des images subliminales pour suggérer une femme seins nus, pour montrer le pouvoir de l'image, en l'occurrence sexuelle.
Le film a sans doute fait parler de lui compte tenu de son succès, mais il reste surtout un document sur une époque qui s'apprête à se lâcher niveau sexualité.