Voila une séance de rattrapage qui - malgré d'indéniables qualités - offre son lot de déception...
D'une part parce que j'avais énormément aimé La Maison de cire, précédent film très efficace et originale - dans la catégorie B movie d'horreur - de son auteur Jaume Collet-Serra, d'autre part parce que je chérissai l'idée de retrouver le plaisir délicieux d'un film centré sur un personnage d'enfant pervers et diabolique, dans la lignée des classiques La Malédiction, Alice Sweet Alice, ou Audrey Rose...

Mais c'est justement là que le bas blesse. Le film souffre d'un vrai manque d'originalité dans son scénario autant que dans sa mise en scène et il finit dans un premier temps par donner l'impression d'avoir déjà été vu cent fois, un comble, si on le compare à l'univers barré et baroque de la Maison de cire, justement !


On ne peut guère blâmer les comédiens qui sont vraiment tous formidables, Vera Farmiga et Peter Sarsgaard en tête, impeccable... Et il faut même saluer les performances étonnante des deux acteurs jouant les enfants de la famille Coleman et particulièrement Aryana Engineer, véritablement époustouflante dans le rôle complexe - car muet - de Max, petite cadette de la famille, bigrement expressive et sobre pour une comédienne aussi jeune. Chacune des scènes ou elle apparait portent une empreinte inouïe. Et notamment elle donne une vraie puissance à chacune des scènes de terreur dans lesquelles elle incarne la peur à l'état brut.
D'ailleurs, on peut au moins saluer le film sur ce point précis: toutes les scènes qui décrivent les relations perverses ou les crimes d'Esther envers des enfants sont très réussies et donnent souvent le frisson...


On n'en dira pas autant des relations avec les adultes et, par exemple, de ce personnage caricatural et un peu ridicule de la nonne jouée par la pourtant excellente CCH Pounder qui, cette fois, ne parvient pas à convaincre dans cette composition très improbable et particulièrement clichetonneuse... et beaucoup d'invraisemblances du film résident d'ailleurs dans les épisodes du film liés à l'orphelinat et au passé mystérieux d'Esther

Mais le principal problème vient de l'ecriture même du personnage d'Esther et d'Isabelle Furhman, la petite comédienne qui peine forcément à défendre le rôle...
Si elle est souvent impressionnante dans les saillies ironiques et les méfaits pervers d'Esther, elle est constamment ridicule, peu crédible et même horripilante dès qu'elle tente de jouer les petites filles modèles et l'on peine alors à croire à l'amour inconditionnel et à l'absence de soupçon, notamment du personnage du père ou de cette psychologue "de bistrot" que la famille consulte...

Quand aux révélations pour le moins capillotractées de la dernière partie concernant Esther (que je ne révélerais pas ici, évidemment...) elle achèvent de faire sombrer le film dans le grand guignol et le ridicule le plus achevé et démontrent vraiment les limites de ce que l'on peut demander de jouer à une enfant, aussi talen-tueuse soit-elle, quand un personnage est aussi mal écrit...
Les facettes multiples du personnages que le cinéaste nous montre dans le miroir, semblent n'avoir jamais été existantes sur la papier et expliquent sans doute l'absence d'incarnation du personnage d'Esther.


La fin alternative présentée sur le DVD nous permet par contre de voir à quoi nous avons heureusement échappé (le pire !), mais surtout que le scénario, si riche quand au contexte psychologique familial, avait vraiment totalement failli dans le traitement en profondeur du personnage d'Esther sur la crédibilité duquel reposait pourtant tout le film.
D'où l'immense déception car Esther ne dépassera jamais le simple archétype de "l'enfant" maléfique, sans aucune crédibilité, ni émotion, ni complexité... une sorte d'épouvantail peu convaincant, hélas.
On peut aussi, une fois de plus, regretter la traduction d'un titre anglais pourtant intéressant au profit de cet insignifiant prénom... mais ça, Collet-Serra n'y est pour rien...

Créée

le 8 août 2014

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Foxart

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