7
3191 critiques
Les noces tartares
La France brille outre-Atlantique, et pas uniquement sur les terrains de foot : après son très remarqué premier Vermines, Sébastien Vaniček débarque à Hollywood, accompagné de son coscénariste...
le 9 juil. 2026
Après Vermines, Sébastien Vaniček confirme tout le bien que l'on pouvait penser de lui en s'attaquant à l'une des franchises les plus remarquables du cinéma d'horreur. Et le pari est largement réussi. À mes yeux, Evil Dead Burn est tout simplement le meilleur épisode depuis le reboot de Fede Álvarez (voir depuis le premier basé sur mes souvenirs lointains).
Le réalisateur français et son compère et co-scénariste Florent Bernard ont immédiatement compris ce qui fait l'ADN d'Evil Dead. Le gore, bien sûr. Le crade. L'humour noir qui surgit au pire moment. Mais là où il apporte véritablement sa patte, c'est dans le malaise du propos sous-jacent. Un malaise plus sournois, plus intime, qui ne cherche jamais à exploser immédiatement. Il s'installe doucement et contamine les protagonistes jusqu'à une scène de repas toute en tension.
Quelques regards. Des silences. Des phrases assassines qui grattent déjà sous la peau. On sait que tout va finir par basculer. On attend seulement le moment où les démons de chacun cesseront de les consumer intérieurement pour laisser pleinement les flammes de leur colère tout faire voler en éclats. Et lorsque ce moment arrive, c'est comme un top-départ. Le film ne relâche plus jamais la pression.
La machine s'emballe alors dans un déluge de chair martyrisée, de possessions, de mutilations et de survie désespérée. Chaque séquence cherche à faire mal. Physiquement. Moralement. Et souvent les deux à la fois.
Au-delà de son scénario, Vaniček démontre surtout un véritable sens de la mise en scène. Une héroïne qui rampe au milieu du chaos. Une salle de bain qui devient un piège suffocant. Un affrontement dans le reflet d'un miroir qui démultiplie encore la violence. Plusieurs plans viennent témoigner d'un réalisateur qui ne se contente pas d'aligner les litres d'hémoglobine et les corps malmenés mais qui réfléchit constamment à la manière de filmer l'horreur.
Le rythme est implacable. Le ton est crade, vicieux, douloureux... mais aussi étonnamment drôle, comme la saga l'a toujours été lorsqu'elle assume son goût du grand-guignol. Les jumpscares, eux, sont utilisés avec suffisamment de parcimonie pour rester efficaces. L'un d'eux a d'ailleurs réussi l'exploit de faire littéralement se tortiller une bonne partie de la salle, preuve que Vaniček maîtrise parfaitement ces mécaniques sans jamais en abuser.
Côté casting, rien de mémorable derrière le maquillage. Il fait largement le travail. Ce ne sont pas forcément les performances qui resteront gravées dans les mémoires même si Souheila Yacoub amène (au début) ce qu'il faut de retenue, mais elles servent parfaitement le film et on n'en demande pas plus. Mention spéciale à aussi Erroll Shand en père de famille, dont le visage semble avoir été sculpté pour finir possédé par un Deadite. Il a cette présence immédiatement inquiétante qui rappelle ce qu'Alyssa Sutherland dégageait déjà, tout sourire, dans Evil Dead Rise. D'ailleurs...
Au final, Evil Dead Burn réussit là où beaucoup de suites échouent : il respecte profondément l'héritage de Sam Raimi sans jamais donner l'impression de simplement le copier. Il retrouve cet équilibre fragile entre l'horreur qui vous noue le ventre, le gore qui vous arrache une grimace et l'humour macabre qui vous fait rire juste après la grimace. Mais il ajoute une touche de drame étouffé qui ne demande qu'à se matérialiser au travers des règles de la saga.
Et si, pendant près de deux heures, tout cela vous a cloué à votre siège... ne soyez pas trop pressé de vous relever. Le film a encore une dernière idée en tête avant de vous laisser sortir de la salle.
Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Les meilleurs films d'horreur
Créée
le 12 juil. 2026
Critique lue 9 fois
7
3191 critiques
La France brille outre-Atlantique, et pas uniquement sur les terrains de foot : après son très remarqué premier Vermines, Sébastien Vaniček débarque à Hollywood, accompagné de son coscénariste...
le 9 juil. 2026
8
1495 critiques
La saga Evil Dead s'est peu à peu imposée comme un totem cinéphile.Mais un totem tiraillé.Car il sera impossible, désormais, de renouer, en matière de deadites, avec l'artisanat et la débrouille de...
le 9 juil. 2026
4
1 critique
Le moins bon film de toute la franchise, malheureusement.Une double intro insensée, des acteurs très médiocres, un humour qui fait plouf, un antagoniste final ridicule.Certains plans sont manquants,...
le 9 juil. 2026
4
762 critiques
Une bande annonce faite de beaux paysages où viennent s'inscrire shamanisme et étrangeté malsaine, un film d'horreur à la sauce documentaire, Thaïlandais, avec Na Hong-Jin à la production et en tant...
le 16 déc. 2021
5
762 critiques
Ah ça, ils te l'ont vendu à grands coups d'images. Mon dieu, c'est pas vrai, je vais pouvoir jouer à l'anime Dragon Ball Z !C'est pas vrai ?Si, regardes la dernière vidéo !Oh. C'est pas vrai !Alors...
le 16 avr. 2018
10
762 critiques
3ème film de Na Hong-jin, réalisateur de The Chaser qui m'avait déjà époustouflé, et bien c'est une nouvelle fois chose faite avec The Strangers. Impossible d'écrire une critique constructive en...
le 31 juil. 2016
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème