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Les noces tartares
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le 9 juil. 2026
Dans le cinéma d'horreur, et plus particulièrement le cinéma de genre, beaucoup de jeunes auteurs ont su tirer leur épingle du jeu en apportant une touche unique à leurs projets. Si des noms comme Julia Ducournau ou Coralie Fargeat ne sont plus à présenter, un certain Sébastien Vaniček a su faire une entrée fracassante dans la cour des grands du cinéma d'horreur à travers son premier long métrage, Vermines : un véritable roller coaster de brutalité et de tension, sous fond d'assaut d'araignées mutantes géantes, enfermant ses personnages dans une claustrophobie banlieusarde étouffante.
Une pépite du cinéma de genre, unique et puissante, accompagnée de Florent Bernard à l'écriture, apportant une véritable richesse à un scénario mêlant portrait d'une famille à la dérive et brutalité policière.
Et voilà que, seulement après un premier long métrage, le seul et unique Sam Raimi, producteur de la saga qui l'a révélé au monde, Evil Dead, recherche un nouveau talent pour son sixième opus (hors continuité de sa trilogie originale) et découvre ce jeune Français aux allures de blockbuster indépendant. Tombé sous le charme de Vermines, il lui confie, pour son deuxième long métrage seulement, les clés d'un nouvel Evil Dead, avec une liberté totale sur la forme comme sur le fond. Une confiance qui rappelle la générosité d'un Sam Raimi, lui-même souvent bridé par les studios hollywoodiens et leurs cahiers des charges.
De passionné à passionné, ce nouvel Evil Dead Burn semblait ainsi réunir toutes les forces et toute la folie que la saga créée en 1983 pouvait offrir de meilleur, après plusieurs opus ayant peu à peu délaissé le savant équilibre entre humour macabre, violence excessive et inventivité de mise en scène. Sous le regard de Vaniček, l'horreur semblait retrouver le goût de l'inconnu, du mystère ; telle une infestation d'araignées rampant de pièce en pièce, la malédiction s'insinuait dans chaque recoin, renouant avec l'essence même d'Evil Dead.
Un sixième opus qui paraissait être un ténébreux retour aux sources, porté par une violence rarement vue, une mise en scène viscérale et la passion sincère de Sébastien Vaniček et Florent Bernard.
Alors… la malédiction a-t-elle été brisée ?
Avec ce sixième opus, Sebastian Vanicek rentre dans la cour des grands. Ce sixième opus réussit pleinement toutes les attentes et déjoue les craintes que pouvait susciter le passage d’un petit auteur de films de genre indépendant par la porte américaine, à coups de décisions artistiques biaisées et de cahiers des charges chaotiques.
Avec Evil Dead Burn, il n’en est rien et il fait même pousser son concept diabolique jusqu’au bout de l’extrême. Comme les anciens films, cet Evil Dead va encore plus loin dans la brutalité, la violence, le gore à l’écran, tout en déroulant certains passages à la limite du ridicule, voire cartoonesques dans la manière de retranscrire la violence dans son film.
Là où le remake de Fede Alvarez et celui de Lee Cronin semblaient quand même rester dans le wagon sage du film d’horreur malgré leur violence, Evil Dead Burn apporte un ton et un style uniques, européens par de nombreux avantages tels que son auteur, où ici le sujet de la famille dysfonctionnelle ne paraît pas grossier, voire cliché, grâce au talent de Florent Bernard, toujours aussi juste et excellent dans l’écriture, qui aime traiter de la famille dans sa plus grande complexité après Vermines et Nous, les Leroy (quel film sous-coté).
Cette manière de retranscrire le lien évident de Bernard et Vanicek va encore se mettre en parallèle entre la malédiction de la famille et celle intérieure du personnage d’Alice, tout comme ça l’était pour Vermines.
Vanicek réussit pleinement son entrée dans l’horreur dans ce qu’elle a de plus gore et terrifiant, entre une mise en scène soignée, savamment orchestrée, qui va faire monter crescendo cette famille dans l’enfer absolu et cette envie de toujours surprendre, toujours garder cette imprévisibilité propre à son cinéma et au concept qu’avait mis en place Sam Raimi dans son premier film.
La caméra de Vanicek est la plus grande force du long métrage, parvenant à rendre sa violence beaucoup plus brutale que gore. Beaucoup de passages peuvent plus faire penser à de l’action, style film de baston, ce qui permet de faire ressentir une souffrance plus maîtrisée que le gore à outrance, élément que je reprochais à celui d’Alvarez (si je n’avais que ça à reprocher au film de 2013).
Ce sixième opus corrige tous les excès des deux derniers films pour en garder certes sa violence, mais une violence nettement mieux construite, pour te dire que ce n’est pas gratuit, simplement pour choquer, même si on peut l’avouer, le film va loin, voire très loin.
On pourra tout de même reprocher au film son climax, peut-être pas à la hauteur, voire un peu trop tiré vers l’horreur clichée qui n’a pas sa place dans ce film.
Et surtout la limite que je pourrais donner à ce sixième opus, tout comme à Evil Dead et Evil Dead Rise, le fait de ne plus retrouver ce côté nuancé dans son humour, avoir su garder un soupçon de légèreté malgré le gore. Certes, nous avons le personnage de la grand-mère, mais qui fait plus office de comic relief que de véritable ambiance de second degré. Certes, la trilogie de Sam Raimi est certainement différente de ce que Raimi entreprend actuellement en tant que producteur de la saga, (dont un 4eme film est en préparation avec Evil Dead Wrath en 2028) mais il demeure dommage de ne pas avoir revu l’humour noir des films des années 80 à 90.
Ainsi, la malédiction s’est bel et bien brisée avec ce sixième opus qui réussit à redonner la force et l’horreur perdues des deux derniers films pour en extirper toute la brutalité, la tension et la furie de la saga de Sam Raimi, qui peut être fier du travail du petit Français, qui fait de Evil Dead Burn un retour terrifiant et réussi de la saga, et surtout l’un des meilleurs films d’horreur de l’année 2026.
Evil Dead Burn (2026) : ????????????????????
Créée
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