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le 9 juil. 2026
Avec ce nouvel opus, la saga Evil Dead confirme qu'elle demeure l'une des franchises horrifiques les plus stimulantes. Depuis la relecture de 2013, chaque épisode s'est distingué moins par sa fidélité aux précédents que par la personnalité de son réalisateur. Une constante qui semble relever de la philosophie même de Sam Raimi : confier la série à de jeunes cinéastes, comme il l'était lui-même lorsqu'il réalisa le premier Evil Dead à tout juste vingt ans.
Sébastien Vanicek s'inscrit pleinement dans cette continuité. Après Vermines, il retrouve un goût pour les groupes au bord de l'implosion, où les tensions précèdent toujours l'irruption de l'horreur. L'horreur ne tombe jamais sur un monde paisible : elle s'abat sur une famille déjà fracturée. Alice, jeune Française installée aux États-Unis, rejoint sa belle-famille après les funérailles de son mari. Réunis dans une maison isolée au cœur des bois, les membres de cette famille voient leurs rancœurs, leurs non-dits et leur colère devenir le terreau idéal où le Mal peut s'enraciner pour laisser exploser un déluge de brutalité. Les démons ne créent pas les conflits, ils ne font qu'attiser une violence déjà présente, jusqu'à la rendre irréversible. Vanicek transforme ici la visite chez la belle-famille en véritable descente aux enfers. Une manière assez radicale de régler les conflits familiaux : quelques démons, quelques membres arrachés, et le repas de famille est annulé.
Le film n'est pas exempt de faiblesses. Certains passages explicatifs paraissent artificiels, comme c'était déjà le cas dans Vermines, tandis que la maison semble parfois un peu trop consciente de son statut de décor de cinéma d'horreur. Mais ces réserves s'effacent dès que Vanicek laisse parler sa mise en scène.
Evil Dead Burn trouve un rapport profondément physique au corps. Chaque chute possède son poids, chaque os brisé oppose une résistance, chaque plaie rappelle l'épaisseur de la chair. La violence n'est jamais une simple accumulation d'effets gore : elle devient une manière de filmer les corps et de leur rendre une présence presque tactile. Le film est moins extrême que la version de 2013 mais plus viscérale. Une physicalité qui disparaît logiquement et malheuresement par la créature toute numérique de la fin.
La réussite du film tient aussi à sa manière de préserver l'un des traits essentiels de la saga : son humour noir. Le rire n'est jamais ici un simple relâchement de la tension, mais une façon supplémentaire de la rendre inconfortable. Le bruit absurde et continu des travaux qui accompagne les funérailles ou encore les apparitions inattendues de la grand-mère venant interrompre les scènes de violence les plus extrêmes, créent des ruptures de ton qui pourraient facilement briser l'efficacité horrifique. Pourtant, le film ne perd jamais son équilibre. Ces moments d'ironie ne désamorcent pas la peur ; ils accentuent au contraire l'étrangeté des situations et renforcent cette impression de cauchemar éveillé propre à la saga. Chez Vanicek comme chez Raimi, l'humour naît moins d'une volonté de faire rire que d'un regard légèrement décalé sur la monstruosité.
Les gros plans, souvent poussés jusqu'à l'insert, réduisent progressivement le monde à une succession de matières : une peau meurtrie, une main crispée, le bois humide d'une porte, le métal d'un outil, le feu qui envahit le cadre. Vanicek ne filme plus seulement des personnages ; il filme des surfaces, des textures, des corps. En fragmentant ainsi l'espace, il prive constamment le spectateur de respiration et transforme la maison en piège étouffant.
Cette attention portée à la matière trouve un écho dans le vocabulaire visuel de la saga. La caméra glisse entre les arbres, les bois retrouvent leur présence hostile, tandis que les chœurs démoniaques contaminent peu à peu l'espace sonore. Vanicek reprend les motifs inventés par Raimi sans jamais les réduire à de simples références. Ils ne servent pas à flatter la nostalgie des spectateurs mais à prolonger une grammaire cinématographique qui demeure, plus de quarante ans après sa naissance, d'une redoutable efficacité.
C'est là que réside la réussite d'Evil Dead Burn. Plutôt que de reproduire une formule ou d'accumuler les clins d'œil, Vanicek s'approprie l'héritage de la saga pour y inscrire son propre cinéma. Là où Raimi faisait d'Evil Dead un cinéma de la vitesse et de l'élan, Vanicek en fait aussi un cinéma de la proximité, de l'hystérie : une caméra qui s'accroche aux corps, en scrute les textures et fait de chaque blessure une expérience presque palpable. Le film affirme ainsi une identité propre, tout en rappelant que la force d'Evil Dead n'a jamais été de se répéter, mais de laisser chaque génération de cinéastes réinventer ses formes.
Bon, je parlais de l'absence de référence aux précédants, mais je dois bien avouer que la scène post générique me donne envie de voir la suite.
Créée
le 12 juil. 2026
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