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Les noces tartares
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le 9 juil. 2026
Je crois que j'ai fini par développer une allergie au cinéma d'horreur contemporain. Non pas parce qu'il est violent. La violence peut être magnifique au cinéma. Non parce qu'il est gore. Le gore peut avoir une véritable fonction dramatique. Mais parce qu'il semble désormais considérer que la logique est une option, le scénario une formalité et les personnages un simple réservoir de viande destiné à alimenter les prochaines gerbes d'hémoglobine.
Si l'absurde avait une capitale, elle s'appellerait probablement Evil Dead Burn.
Le point de départ est déjà un aveu de paresse. Un père a parcouru le monde, collectionné des manuscrits occultes, un parfait imbécile décide de réciter les incantations interdites, et voilà un démon qui débarque pour exterminer toute une famille. Pourquoi ? Parce que. Les films d'horreur adorent le surnaturel : il permet de remplacer les motivations par des malédictions. Plus besoin d'écrire un antagoniste quand un vieux grimoire peut faire tout le travail.
Et puis, surgit une intrigue sur les violences conjugales. L'héroïne est une femme battue. Très bien. C'est un sujet grave. Mais quel rapport avec le reste ? Absolument aucun. Cette sous-intrigue n'éclaire ni les personnages, ni le démon, ni le thème du film. Elle est là parce qu'un scénariste s'est probablement dit qu'il fallait « ajouter un sujet de société ». C'est le post-it moral collé sur une boucherie industrielle.
Le plus fascinant reste cependant la logique interne du film. Ou plutôt son absence complète. Les personnages prennent systématiquement la pire décision possible. On ouvre les portes aux possédés avec une générosité désarmante. On laisse traîner les armes. On se sépare. On attend. On crie. On recommence. À ce stade, le démon n'a même plus besoin de faire peur : les héros travaillent déjà pour lui.
Et que dire de cette tronçonneuse ? Elle traverse le film comme une mascotte sous contrat. Elle disparaît, réapparaît, change de propriétaire selon les besoins de la scène. On ne manipule plus un objet ; on assiste au placement de produit le plus sanglant de l'histoire du cinéma.
Les rapports de force relèvent également du merveilleux. Un adolescent de cinquante kilos tient tête à un père possédé qui en pèse cent. Pourquoi ? Parce que le scénario a oublié les lois de la biomécanique. Les possédés, eux, attaquent toujours un par un, avec la discipline exemplaire des méchants dans un vieux jeu vidéo. Ils sont en surnombre, disposent d'une force monstrueuse, mais semblent avoir signé une convention collective leur interdisant d'agresser plus d'un protagoniste à la fois.
Même le démon paraît souffrir d'une sévère déficience intellectuelle. Son objectif consiste à tuer tout le monde et récupérer un objet précis ? Formidable. Pourquoi alors monter un carnaval sanglant pendant deux heures ? Qu'il incendie la maison, attende que tout s'écroule et fouille tranquillement les décombres. Le Prince des Ténèbres élabore des plans avec l'efficacité stratégique d'un candidat de télé-réalité.
Les personnages n'arrangent rien. La grand-mère est d'une lourdeur épuisante. Les autres sont des silhouettes vaguement interchangeables. Personne n'a de caractère, de contradictions ou de trajectoire. On ne retient pas des êtres humains, seulement des victimes numérotées.
Les scènes de possession s'enchaînent avec la régularité d'une chaîne de montage. Yeux blancs. Membres disloqués. Rires démoniaques. Voix caverneuses. Trois litres de faux sang. Recommencer jusqu'au générique. Le film croit fabriquer de la peur ; il fabrique une routine. Au bout d'une heure, chaque nouvelle possession ressemble à une mise à jour logicielle.
Le véritable problème est là. Evil Dead Burn ne raconte rien. Ce n'est ni une tragédie familiale, ni une réflexion sur le mal, ni une satire sociale qui dégénère dans l'horreur. C'est un défouloir gore persuadé que découper davantage de corps suffira à remplacer un scénario.
Le cinéma d'horreur avait autrefois des monstres.
Aujourd'hui, il a surtout des maquilleurs très talentueux.
Le reste est parti avec les scénaristes.
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il y a 3 jours
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