J’ai déjà vu des films bien pourris dans ma vie — des navets, des étrons pelliculés, des expériences de mort cinématographique imminente. Mais là… j’ai tenu jusqu’aux trois quarts. Trois quarts ! Pas une seule scène vaguement stylée. Pas un frisson. Pas même un pauvre petit « pas mal » murmuré du bout des lèvres. Le vide. Le néant. Le trou noir de l’imaginaire. On dirait que TikTok a couché avec Marvel sous acide, et qu’ils ont accouché d’un PowerPoint sous stéroïdes.
On enchaîne bastons sans enjeu, plans illisibles comme sortis d’un jeu PS3, dialogues écrits par un chatbot bourré… et le tout saupoudré d’une morale sur le vivre-ensemble qui ferait passer un discours de Miss France pour du Kant. À ce stade, j’étais à deux doigts du passage à l’acte. Criminel, s’entend.
Superman ? Ce n’est plus un héros, c’est un sticker de propagande collé sur un feu d’artifice d’images moches. Lex Luthor ? Une caricature de trader vegan sous coke. Et le sous-univers bricolé à la truelle ? Ce n’est pas un monde parallèle, c’est une pub géante pour un escape game au rabais.
Et que dire des parents Kent… Martha et Jonathan ? La version Arkansas des Dupont et Dupond. Elle, on dirait qu’elle traye des vaches imaginaires à longueur de journée. Lui, il a trois neurones qui se battent en duel pour réussir à articuler « fiston, fais ce qui est juste ». T’as juste envie de les appeler « maman tracteur » et « papa bouse ».
Mais le pire, c’est que le film croit bon de t’envoyer des messages. L’immigration, la justice, les influenceurs, l’identité, l’amour, l’espoir… MAIS FERMEZ-LA. Je veux voir Superman, pas assister à un TEDx animé par un stagiaire woke radicalisé sur LinkedIn.
À la sortie, j’avais envie :
• d’envoyer la tiktokeuse du film faire un stage de six mois à Pyongyang,
• de noyer Lex Luthor dans une dalle de ciment façon Scorsese,
• de transformer Superman en serpillière pour nettoyer mon écran,
• et de faire piquer le chien, par principe.
QUI PEUT AIMER ÇA ? PUTAIN, QUI PEUT AIMER UN TRUC PAREIL ?
Et comme si ça ne suffisait pas, il y a ce moment gênant — insistant — où le film te prend par la main pour t’expliquer que l’immigration, c’est trop cool, trop beau. Un safari émotionnel où chacun débarque avec ses blessures, ses rêves, et une recette de cuisine familiale. C’est tellement dégoulinant que t’as envie de ressusciter le moustachu à petite moustache, rien que pour réintroduire un peu de contraste idéologique dans le propos.
Quant aux personnages… Mon Dieu. Pas une once d’âme. Ils ont tous la consistance émotionnelle d’un PowerPoint muet. Tu pourrais les remplacer par des mannequins de vitrine avec des QR codes collés sur le front, ce serait plus vivant. Mention spéciale à la « révolte des petites gens », ces figurants censés incarner le peuple — mais qui te donnent surtout envie de monter dans un hélico de Blackwater et de tout napalmer, façon “nettoyage par le vide”.
Et les blagues ? L’équivalent d’un pet sous anxiolytique. Tu finis presque par regretter l’humour de Gad Elmaleh. C’est dire.
La géopolitique ? Un exposé de CE1 sur les méchants pas beaux et les gentils très gentils, avec des drones, des drapeaux flous, et un président qui parle comme dans une pub pour du dentifrice équitable.
Ce film, ce n’est pas un blockbuster. C’est un accident industriel. Une insulte à l’intelligence. Un suicide artistique en direct. Un appel à l’anarchie culturelle. Et franchement ? Je milite pour qu’on envoie la bobine dans l’espace, à destination de civilisations extraterrestres — histoire qu’elles sachent, dès leur arrivée, qu’il n’y a strictement rien à venir chercher ici.