Ce film est très méchant. Déjà la première victime de la famille (en dehors du fils en intro) c'est le chien, et pas hors champ ou de manière mélodramatique, c'est juste la première victime qui meurt brutalement comme les autres, dans la salle à manger pendant le repas de famille. Or quand le film te montre dès le début qu'il a pas de pitié même pour les animaux de compagnie, c'est pour t'annoncer qu'il va être très méchant.

Pas mal de scènes en fait où la méchanceté n'est pas nécessaire, au regard de l'objectif que se sont donné les démons (détruire une dague cachée dans le grenier). Mais la méchanceté est-elle toujours méchante si elle est nécessaire ? Bonne question. Ici les démons s'attardent en tout cas comme s'ils ne pouvaient pas s'en empêcher et peut-être aussi pour casser psychologiquement, de même que dans les deux premiers épisodes (1981, 1987) les démons s'attardaient juste pour kiffer, ambiance de cauchemar : une femme qui dansait à l'orée du bois avec sa tête coupée, une autre qui reste tout le premier épisode dans le hall à rire à gorge déployée, la grand-mère bloquée dans la cave, bien que celle-ci bon elle n'a pas eu trop le choix.

Beaucoup de femmes d'ailleurs, ou alors c'est juste le filtre poussiéreux de ma mémoire de petit enfant misogyne. Dans le dernier épisode par contre l'actrice principale est l'incarnation de la battante en dépit des traumas ; et même la belle-mère, si je me souviens bien, n'est pas caricaturale dans son attitude envers sa belle-fille (belle fille qui était battue par feu le fils ainsi porteur de la malédiction). Empathique même, en contraste avec son style guindé. En tout cas au début... la suite du film je me souviens plus bien, si elle retrouve le stéréotype de la belle-mère sournoise, j'ai été un peu distrait par le bain de sang.

Parlant de misogynie, le film s'attaque aux non-dits dans la famille, autour notamment de la violence du fils maintenant décédé, induite par l'autorité toxique du père encore vivant pour un temps. C'est là pour moi que le film commence sa méchanceté explicite : il annonce qu'elle va s'étaler, lorsque le père devenu démom semble ne pas vouloir lâcher son autorité, quitte à se donner en spectacle dans le jardin en se tirant des balles dans la tête, d'une manière si outrancière qu'on se demande si c'est pas juste destiné au spectateur. Mais c'est ambigu, le film est à deux lectures comme souvent dans les histoires de possession, on peut y voir autant le père qui cherche à capter l'attention jusqu'au bout, comme le démon qui cherche à détruire la figure du père en public, parce que malgré tout celui-ci est toujours aimé par le reste de la famille, terrorisée derrière les vitres.

De même pour le gros roulage de pelle entre la mère qui n'est pas encore contaminée et le père/démon dont il manque la moitié du visage (il a plus de joue du coup on voit tout ce qui se passe dans la bouche) : à qui donc est destinée cette longue scène dégueux en plan séquence, si ce n'est directement au spectateur, et indirectement à la pauvre équipe technique sequestrée derrière la caméra ?

Voilà, donc le film a plein de qualités mais surtout celle d'être très très méchant, quitte à reproduire par le menu les différents bruits perçus par un individu à qui on enfonce lentement un stylo plume dans le tympan : j'avais envie de sortir du cinéma parfois, mais je peux pas je suis tétraplégique. Je suis condamné à vivre les choses jusqu'au bout.


Et puis contrat rempli pour les références par-ci par-là à la saga : la caméra en vue subjective démoniaque qui fonce dans les bois, plan culte un peu adapté ici par l'usage de drones ; et bien entendu la fameuse tronçonneuse, à laquelle sera préférée in extremis un autre engin de chantier. Mais chut, je vous laisse la surprise de l'outil employé par la méchanceté retournée (et non ce n'est pas un boomerang, la métaphore serait grossière, et puis le boomerang n'est pas un objet de chantier... à la limite peut-être pour étaler de l'enduit).

Vernon79
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le 27 juil. 2026

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Vernon79

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