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le 9 juil. 2026
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Si Evil Dead Rise m’avait laissé de marbre, j’attendais tout de même Burn de pied ferme du simple fait des deux types derrière, les français Sébastien Vaniček et FloBer dont le fort sympathique Vermines a permis d’ouvrir les portes d’Hollywood. Curieux alors de voir si les deux trublions au style assez marqué allaient réussir à s’imposer dans le système américain qui a la fâcheuse tendance à broyer nos cinéastes du terroir. Surtout sur une franchise aussi grosse que celle-ci.
J’arrive donc vierge de tout synopsis ou de toute bande-annonce sur le film, et constate rapidement que le duo a su garder la main. On ne perd pas de temps en besogne, et après un prologue en ultra cuts signifiants, on comprend bien que les auteurs font confiance au spectateur pour recoller avec les films précédents (que ce soient ceux de Raimi ou ceux de Fede Alvarez et de Lee Cronin). Le film sait que l’audience n’est pas dupe quant à ce qu’elle est venue voir, que le scénario n’est finalement qu’un prétexte et importe moins que l’univers (et sa tournure résolument plus sombre depuis l’opus reboot de 2013) et ses mécaniques. Alors on expose en deux coups de cuillère à pot, on caractérise les personnages tant par les dialogues que par la physicalité, et on lance la machine.
Burn est nerveux, il n’a pas de temps à perdre. Alors après un enterrement déjà horrifiant en soi de par la gênance occasionnée de devoir faire semblant de pleurer un mari violent, on utilise le père d’une famille bien dysfonctionnelle (et lui-même violent) comme véhicule du Mal. Une nouveauté qui va de pair avec la tonalité bien actuelle de toxicité masculine dépeinte dans le film, entre violence conjugale, abandon familial et lâcheté déresponsabilisante des différents mâles. Non pas que la mère de famille, dont le fils ne saurait être une sombre merde, ne soit mise en avant dans une position misandre. Un simple constat de l’ère du temps qui ne ferme plus les yeux sur le sujet.
Mais donc, après l’enterrement, on commence à nous mettre en place les lieux du massacre à venir, en prenant bien le temps d’armer tous les fusils de Tchekhov, prémonitions sadiques à base de débroussailleuse, prothèses de jambes et autres lave-vaisselles qui font trépigner un spectateur en tension. Car on sait que ça va péter, et quand ça pète, ça pète fort.
On brise un tabou américain en s’attaquant au chien d’emblée, et puis c’est parti.
Dès la scène de la bagnole, on comprend l’intérêt de Burn. C’est l’art martial de Jackie Chan, celui qui utilise tous les accessoires du décor à des fins de chorégraphie ludique, qui s’applique dans une boucherie féroce. Ceinture, portière, appuie-tête, rétroviseur, siège : tout est bon pour faire mal.
L’inventivité du duo Vaniček-FloBer régale, et pousse même les potards à fond dès que possible. On notera ainsi un chaotique plan séquence dans le salon, ou encore un plan miroir impossible faisant forcément référence à celui du Contact de Zemeckis (cette scène-ci), placés entre un paquet d’autres scènes à la lisibilité parfaite.
Dommage que la générosité du film amène à un essoufflement sur le coup des 1h15, menant à un final un peu plus balisé qui perd en intérêt. Mais cela n’enlève rien à la grande majorité d’une œuvre qui se veut réjouissante, tant dans ce qu’elle promet pour la carrière des deux frenchy, que pour le fun qu’elle procure intrinsèquement. Et qu’importe que l’on soit un peu juste sur le fond (après tout, ça reste du Evil Dead), pourvu que la forme y soit.
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Créée
le 18 août 2026
Critique lue 5 fois
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