Un titre international pas si mensonger : y'a des plans de caméra traçante à la première personne et y'a des pièges. Mais cela ne résume pas cet étonnant slasher japonais à l'esthétique très radicale par moments, qui aligne les mises à mort originales, à la construction assez vicelarde et bien servies par leurs FX. L'ambiance initiale de snuff sur VHS crado conserve par la suite un ton claustro glauque dans ces bâtiments désaffectés où erre une équipe de journalistes à la recherche d'un scoop sensationnaliste. Sympathique score très gobelinesque.
Le film n'évite pas certains tropes horrifiques habituels et peut finir par tirer en longueur, mais le twist évident ne s'avère pas être exactement celui attendu et il redonne de l'intérêt aux événements. Et on valide la conclusion jusqu'auboutiste. Bon, on n'ira pas affirmer que Evil Dead Trap est aussi terrifiant qu'Oliver Stone veut bien le défendre dans une présentation d'intro (on a plutôt un sourire en coin à plusieurs reprises), mais pour son budget restreint, il a clairement de belles choses à offrir pour les amateurs de ce genre.
Sur le BR du Chat qui fume, deux longs bonus consacrés au film et surtout à Toshiharu Ikeda. Fathi Beddiar parle de son rapport au réalisateur lors de sa découverte mystérieuse dans les années 90 et de sa grande difficulté à le promouvoir dans la presse, faute d'informations et de supports visuels. Julien Sévéon revient de manière plus académique sur sa carrière polymorphe, sa vie personnelle compliquée (il n'avait pas que des qualités, le sieur) et les thèmes qui s'en dégagent. Evil Dead Trap apparait finalement comme un accident heureux né de la rencontre d'Ikeda avec Takashi Ishii (mangaka et futur réalisateur de Gonin).