Ce polar italien semble préfigurer le poliziottesco qui sera produit à la chaîne durant les années 70 (les années de plomb en Italie). Avec un protagoniste trouble, une enquête tortueuse aux suspects corrompus. On y trouve également de nombreux placements produits une marque de whisky adepte du cinéma italien bis, et même une course en voiture (mais pas course-poursuite puisque notre héros cherche simplement à effrayer sa passagère).
Toutefois, ce n'est pas aussi divertissant que les futurs poliziotteschi. En particulier, très peu de fusillades (que les polissons soient rassurés, un peu de nudité tout de même). Et surtout un récit qui pédale vite dans la semoule.
Je comprends l'intention de Romolo Guerrieri de livrer un récit opaque comme ceux des grands films noirs, où l'on avance à coup de révélations sur le passé des personnages, et de chantages divers. Mais tout ici est laborieux et fumeux, l'enquête n'est jamais vraiment intéressante. Il faut dire que les victimes ne sont pas attachantes (voir à peine montrées à l'écran).
Tandis que notre "héros" est avant tout minable. Un flic qui accumule les extorsions, le travail privé, et avant tout les bourre-pifs. Monsieur cogne d'abord et pose des questions après, alors que ses interrogés n'ont rien de criminels retors !
Il y a aussi quelques problème de montage, on passe sans crier gare d'une scène à l'autre. Et certaines scènes sont interrompues de manière maladroites. Si au moins ça avait donné du rythme...
Quelques bons points quand même. L'ambiance sombre du polar italien de l'époque. De nombreuses "gueules" du bis dans des seconds rôles (Adolfo Celi, Florinda Bolkan, Renzo Palmer...). Et puis le choix intéressant d'employer le charismatique Franco Nero pour le rôle principal. Son beau visage et ses yeux d'ange contrastant avec la nature corrompue du personnage.