Dommage que le film demeure inabouti car il y a une véritable ambiance, appuyée par sa BO, qui lui confère un certain charme. Le réalisateur ne connaît cependant pas les plans de transition. C’est monté à la serpe. Mais une fois habitué, cela participe à rendre ce détective omniscient, bondissant d’une voiture à une scène de crime ou bien au commissariat en un éclair. Détective interprété par un Franco Nero multiple, aux méthodes douteuses, à moitié ripoux, séducteur quand ça lui chante mais capable également d’empathie. Un type égoïste et parfois salopard au visage angélique qui pourra déstabiliser le spectateur.
Le film a le mérite d’être précurseur et d’amorcer la vague de poliziottesco qui va inonder le marché du film italien dans les années 70. Cette précocité le dessert également. Le film se révèle bien timide et avare en action pour du bis italien et sans bénéficier de la portée politique de certaines œuvres d’auteurs de l’époque. On conserve uniquement un peu de nudité. Et l’enquête, pourtant menée tambours battants, pourra paradoxalement ennuyer durant ses petites 90 minutes.
Une curiosité pour tout cinéphile curieux d’explorer la série B italienne ou pour les amoureux de Franco Nero, mais un film d’enquête policière bien anecdotique au global.