Extase
6.6
Extase

Film de Gustav Machatý (1933)

Je crois bien que c'est dans "Les déculottées" que j'ai entendu parler de ce film, à cause de l'actrice principale qui osa tourner à poil. Et oui, petits cochons, on voit ses seins, ses fesses et même sa foufoune dans son reflet sur l'eau. Et franchement, tout ça en vaut la peine, parce que la belle Hedy est quand même bien roulée.


Mais qu'est-ce que c'est chiant... il ne se passe rien. En fait, la trame est aussi mince que celle d'un film porno, si bien qu'on aurait remplacé les longues scènes de vide par des gros plans de pénétration que l'équipe aurait pu gagner un hot d'or. Pourtant le sujet est loin d'être inintéressant, que ce soit pour l'époque ou pour aujourd'hui. Sauf que l'auteur n'en fait pas grand chose. Les dialogues sont pauvres, les situations stériles... reste des symboles très parlants, bien pensés, qui permettent de traiter brièvement de choses trash sans montrer quoi que ce soit d'explicite.


La mise en scène est dans la continuité de l'écriture : l'absence d'action est soulignée par ces très longs plans durant lesquels il ne se passe rien ; certes, c'est très jolie, la photographie est léchée, mais le montage ne fait que confirmer les longueurs. Les symboles sont efficaces, certainement parce qu'ils sont très bien filmés, qu'ils ont un aspect visuel très évocateur. On en vient à trouver le film poétique. Mais c'est tellement long.


Pour ce qui est du découpage en soi, il y quand même de très chouettes trouvailles, surtout pour l'époque. Certains angles de vue, notamment lors de la séquence d'ouvriers finale, sont audacieux et dynamiques. Le montage est d'ailleurs, dans cette séquence, très cut, en contraste complet avec le reste du film et semble déjà annoncer un effet que Guy Ritchie popularisera bien des décennies plus tard.


Le travail sonore n'en est qu'à ses débuts, ça se sent : beaucoup de scènes parlées débutent maladroitement. Et puis ces passages sont si rares, que c'est un peu étranges, tout est tourné comme un film muet et puis de temps en temps, des sons sortent de la bouche des acteurs. Les acteurs jouent correctement. Ils exagèrent sans doute trop leur jeu, ce qui aide pour les scènes muettes, mais bon, il se passe tellement peu de choses, et le sous-entendus sont tellement évidents qu'un jeu plus subtil aurait suffit.


Bref, c'est intéressant à regarder mais faut bien dire ce qui est : c'est chiant.

Fatpooper
5
Écrit par

Créée

le 24 avr. 2017

Critique lue 608 fois

Fatpooper

Écrit par

Critique lue 608 fois

1

D'autres avis sur Extase

Extase

Extase

4

Aramis

220 critiques

Lamarr aux canards

C’est en 1933 que le réalisateur tchécoslovaque sort « Extase », qui devra attendre 1940 pour être diffusé aux Etats-Unis. Ce long métrage de 82 minutes fait sensation pour les scènes de nu dont la...

le 5 mai 2015

Extase

Extase

7

Johannes_roger

573 critiques

Critique de Extase par Johannes Roger

Le film doit surtout sa réputation à ses scènes érotiques, à l’époque, le mari d’Hedy Lamarr, un milliardaire marchand d’arme, tenta de le faire interdire après coup. Fort heureusement pour nous non...

le 5 févr. 2015

Extase

Extase

6

Fêtons_le_cinéma

3834 critiques

Symphonie de la vie

Si c’est avec Erotikon (1929) que le Gustav Machaty impose des thématiques et une esthétique qui se retrouveront dans la plupart de ses œuvres et qui feront de lui le représentant du cinéma tchèque...

le 30 avr. 2022

Du même critique

Taxi Driver

Taxi Driver

5

Fatpooper

14189 critiques

Critique de Taxi Driver par Fatpooper

La première fois que j'ai vu ce film, j'avais 17ans et je n'avais pas accroché. C'était trop lent et surtout j'étais déçu que le mowhak de Travis n'apparaisse que 10 mn avant la fin. J'avoue...

le 16 janv. 2011

Les 8 Salopards

Les 8 Salopards

5

Fatpooper

14189 critiques

Django in White Hell

Quand je me lance dans un film de plus de 2h20 sans compter le générique de fin, je crains de subir le syndrome de Stockholm cinématographique. En effet, lorsqu'un réalisateur retient en otage son...

le 3 janv. 2016

Strip-Tease

Strip-Tease

10

Fatpooper

14189 critiques

Parfois je ris, mais j'ai envie de pleurer

Quand j'étais gosse, je me souviens que je tombais souvent sur l'émission. Enfin au moins une fois par semaine. Sauf que j'étais p'tit et je m'imaginais une série de docu chiants et misérabilistes...

le 22 févr. 2014