Falcon Express
6.3
Falcon Express

Long-métrage d'animation de Benoît Daffis et Jean-Christian Tassy (2025)

Voir le film

Le studio TAT occupe une place à part dans le paysage de l'animation française en grande parti dû à une production en dent de scie et vision hermétique de l'animation qui n'arrive pas à fédérer un public solide. Si des œuvres comme Les As de la jungle arrivent à fonctionner, c'est plus le résultat à la bonne exploitation d'une bonne idée qu'à une démarche artistique, et cela se voit notamment dans l'envi inlassable des têtes dirigeante du studio à rendre hommage et à faire des références aux As de la jungle à outrance, quand ce n'est pas carrément en prolongeant à l'excès l'univers des As de la jungle dans des longs métrages passablement mauvais. Pourtant, on peut trouver de belles choses comme Pil, malgré que pour cela, il y ait besoin de faire appel à des artistes extérieurs au studio pour apporter des idées nouvelles, et pour qu'au final, on ait là aussi une exploitation de ces succès en produit dérivé. Malheureusement, il est triste de constater qu'on est légitimement incapable de parler du studio autrement qu'en parlant d'un studio faisant soit des commandes pour d'autres, soit réalisant des échecs cuisants comme l’exécrable Pattie et la colère de Poséidon. Malgré tout, le projet Falcon Express peut redonner espoir. D'une part parce que le film n'est pas réalisé par les dirigeant du studio à l'humour scatophile extrêmement embarrassant et infantilisant, mais aussi parce que le film semble s'inscrire dans une mouvance du cinéma d'animation jeune public, avec Night of the zoopocalypse, à l'adaptation de codes du film de genre dans le cinéma d'animation jeunesse. Alors que Night of the zoopocalypse transpose les codes du cinéma horrifique avec un hommage aux films de zombis et à Georges Romero, ou qu'Elio rend hommage aux films d'horreurs comme Vendredi 13, Falcon Express semblait s'inspirer des films d'actions thriller dans un train à la Kill ou Snowpiercer. Avec un coréalisateur ayant déjà œuvré dans du film de genre avec Calibre 9, Falcon Express fait office d'outsider qui peut surprendre tout le monde... et finit par profondément déprimer.


Dès les premières images, on est frontalement confronté au manque de cohérence dans la direction artistique. Là où le personnage principal fait de la voltiges et démontre son agilité, la caméra reste continuellement statique et ne fait que d'être démonstrative au lieu de pleinement accompagner le personnage. Alors que Pil expérimente carrément le plan séquence pour présenter son personnage principal sans qu'il y ait une grande utilité à la performance technique, on se retrouve avec des moments pouvant être extrêmement intéressant à suivre en plan séquence (afin de réunir et définir le personnage grâce à ses actions plus qu'à sa condition, et de plonger au mieux dans une société humaine qu'on sera amené à critiquer durement tout le long du film, on y reviendra plus tard), mais avec un montage qui nous empêche de pleinement en profiter. Ça coupe, ça fait des plans large où le personnage est inutilement absorbé par le décors et le cadre alors que celui-ci est filmé de face marchant dans une ruelle... toute l'action et l'inventivité est annihilé par la réalisation qui reste dans une position faussement sage et puritaine devant justifier le manque d'ambition et d'intérêt des personnes décisionnaires vis-à-vis de leur propre projet. Que ce soit de la réalisation ou même de l'écriture, le film démontre une volonté démonstrative d'un savoir faire technique plutôt qu'une envi de réaliser un film de qualité (pouvant tout autant démontrer le savoir faire technique, mais en démontrant aussi un savoir faire dans la création d’œuvres originales). Tout n'est que prétexte à montrer une animation propre et polyvalente. Le choix de mettre en scène des animaux devient presque un prétexte pour démontrer le savoir faire en terme d'animation de personnage qui peut s'étendre à toutes les espèces d'animaux. Le plus triste, c'est que même dans cette démarche, le film est un échec complet. Les personnages humains sont terrifiants tant on sent l'absence de vie en chacun d'eux. Que ce soit les journalistes, la gamine avec son chat, et surtout le reste des voyageurs du train, tous ont autant de vitalité que les personnages servant de modèles pour les vidéos préventions et d'éducations du service public. On a très peu de jeux de lumières, on est souvent en plein jour et éclairé de manière très basique, et mis à part quelques rares instants très oubliables, on n'a pas de compositions de plans ni même d'instants permettant de démontrer une maitrise artistique remarquable. Tout est "fonctionnel", répondant à la nécessité de produire un film visionnable, avec un début et une fin, mais sans jamais penser à la qualité d'ensemble. Les occasions ne manquent pas pourtant, mais le film se limite à une forme de simplicité qui traduit d'un véritable dénigrement de son public (on y reviendra plus tard). Ce constat et ce sentiment s'exacerbent face aux possibilités que le film refuse délibérément de ne pas exploiter.


On part d'un postula simple de personnages coincés dans un parcours qu'ils sont obligé de traverser, et qui va les pousser devenir des personnes meilleurs. Il faut donc des personnages identifiables, attachants et ayant nécessité au changement qui pourront évoluer significativement entre le début et la fin du trajet... il y a une dizaine de personnages, caractérisés comme des blagues, à la personnalité interchangeable, au développement superflu, qui doivent évoluer en 1h20 de film. On perd notre temps à vouloir introduire chaque animaux du wagon, alors que le film n'est pas centré sur eux, que le film a beaucoup plus plaisir à parler d'autre chose (on y reviendra plus tard), et que le film n'est même pas tant intéressé par les personnages qu'il met en scène. On a un couple de lapin hippie, un chien sensé être drôle parce qu'il est addict au sucre qui le fait dormir, un chien méprisant et sarcastique parce qu'on le devine bourgeois de bonne famille... et tous finissent par être d'une inutilité crasse car ils ne sont résumés qu'à des gimmicks pouvant être portés par un seul et même personnage. Mais ce qui effraie le plus, c'est que la définition même des gimmicks est bâclé et retranscrit le désintérêt complet des personnes derrière le projet. On a un animal acteur qui rêverait d'interpréter des grands rôles au cinéma, mais qui manque de confiance en lui car il ne fait que jouer dans des publicités dégradantes. Il est accompagné d'un lui aussi animal acteur dans la déprime, et ils rencontrent un animal fan de leurs travail qui va leur apprendre à être plus courageux. Si je vous dis que dans le lot il y a un canard, il y a des références franco-française assez mignonne (quoi qu'un peu lourde) qui commencent à apparaitre... mais détrompez vous ! Si vous pensiez que le film tomberait dans du facile et de la référence lourde et pas drôle, c'est effectivement le cas, mais avec encore moins d'imagination que vous pouvez imaginer. Le canard n'est pas une référence évidente et humoristique vis-à-vis des Canard Fresh Disk, car l'acteur sur la descente est une tortue avec de la peinture bleu sur le visage, et le canard est un fan du travail de la tortue. Le canard est caractérisé comme étant du sud ouest, et vu qu'il est du sud ouest, il faut que chacune de ses répliques soient des jeu de mots horriblement lourds et insistants sur le rugby et le magret de canard, parce que les acteurs du sud ouest qui jouent dans des publicités (histoire d'avoir un personnage un peu étoffé avec plus de caractère) ça n'existe pas. Et là où l'on peut dire qu'on ne peut pas faire dans le plus inutile, parmi ces personnages il y a un poisson qui est lui aussi acteur, qui manque de confiance en lui, et qui ne sert juste pour une vanne parce que le héros va vouloir le sauver en le mettant dans l'eau des chiottes (on reviendra plus tard sur ce problème là). Ce cas démontre parfaitement tout le désintérêt et le manque de considération que peut donner le film vis-à-vis de ses propres personnages et de ses spectateurs. Le souci n'est pas tant d'avoir un canard du sud ouest, mais que celui-ci n'est résumé qu'à cela (l'amenant à être le personnage le plus détestable de tout le film) et que cette seule caractéristique semble forcé par fausse nécessité. Cela est sans compter les personnages tout simplement raté comme le chien bourgeois (interprété par un Stéphane Ronchewski dans la galère face à un personnage aux dialogues injouables tant rien ne sonne naturel) ou même Rex le chien flic qui est fantomatique, subissant en permanence le fait qu'il n'a pas assez de temps d'écran pour étoffer son personnage et qu'il n'a pas la possibilité de justifier sa légitimité à instaurer l'ordre (alors qu'il est flic, normalement ça devait être assez simple à démontrer), et offrant à Hervé Jolly l'un de ses pires rôles (alors que c'est un des plus grand comédien de doublage français et qu'il a déjà joué ce genre de rôle avec ses doublages de Clint Eastwood ou dans l'Inspecteur Barnaby et NCIS, à croire qu'il a très mal été dirigé car il est souvent faux lorsque le personnage vient à être dans l'action) On sent que les personnes derrière ce projet se forcent presque à accentuer d'avantage les gimmicks et à faire en sorte qu'il n'y ait aucune subtilités (d'où le fait que les personnages sont caractérisés par une seule et même trait de caractère) car c'est la façon qui, selon eux, est la bonne pour s'adresser au jeune public. A travers cette grossièreté d'écriture et cette négligence scénaristique, on voit le regard passablement méprisable et insultant que porte le film sur son public qui ne peut pas comprendre un personnage avec plus de profondeur qu'une vanne, et qui ne peut pas suivre un récit bien construit dans qu'il y ait une vanne scabreuse parce que c'est ce qui fait rire les enfants. Il y a bien sûr la vanne des toilettes, mais là où celle-ci est "modérée" dans son "humour", on a une scène où un pigeon chie sur une caméra de télévision, et où on a la réaction insistante et lourde du présentateur, en plan fixe, qui regarde la merde couler sur l'écran. Là où dans Pattie et la colère de Poséidon, on avait déjà cet humour affreusement dégradant (de manière général c'est une récurrence dans les productions cinématographiques du studio, que ce soit Pil ou même Les as de la jungle le film) mais qui pouvait être travaillé pour "justifier" le fait d'employer cet humour (à coup de "oui on fait arroser un bateau de morve de kraken et faire vomir un chat, mais c'est pour que Pattie découvre un élément de l'histoire que le chat a voulu cacher en l'avalant", ce qui ne justifie pas la manière même de penser la vanne qui repose sur le fait que le public ne sait pas rire qu'en reversant des litres de crottes de nez sur un chat qui vomit), ici on ne fait même plus l'effort d'essayer. On ressent presque un refus de la modernité de l'humour qui désacralise l'art du slapstick et participe à la disparition de la magie du conte (un sujet d'actualité qui est porté par des films comme Le chat potté 2 ou même Arco récemment), mais plus qu'inviter à l'émerveillement, on a l'impression que le film refuse l'évolution des mentalités autour du cinéma d'animation jeunesse, comme si le cinéma avait développé des centaines de façon de s'adresser à la jeunesse sans considérer que les enfants pouvaient rire autrement qu'avec un divertissement imbécilité et dégradant, et que le Studio TAT en acceptait aucune d'entre elle (on y reviendra plus tard).


Le film se veut un hommage aux films catastrophes à la Unstoppable (dont le film reprend la quasi totalité du scénario) ou à la Die Hard dans un train. C'est un genre assez codifié mais qui est faisable pour enfant, et le train offre des spécificités de mises en scènes qui peuvent être originales. Faute de pouvoir proposer des personnages Il est alors ahurissant de constater que le film rate minutieusement tous les codes des genres à qui il se réfère. D'une part, dans la logique d'un film catastrophe avec un risque d'une catastrophe, il est important de permettre au spectateur de situer la catastrophe dans le temps. Si l'on sait que le héros doit sauver les habitants du train avant la fin du film, il est important de faire monter la tension en amont afin que l'on ait pas à attendre la fin du film. Tout comme tout voyages comme Tous à l'Ouest, il faut que l'on puisse se repérer dans le temps et comprendre l'importance des actions des personnages en fonction des étapes que franchis le train avant sa destination. A aucun moment on n'a la moindre inquiétude vis-à-vis des personnages. On a vaguement la mention d'un pont qui représente la moitié du parcours... mais qui arrive 10 minutes à peine après que les animaux aient trouvé le moyen de se libérer. On ne ressent plus la contrainte d'être enfermé dans ce train, et cela se ressent notamment dans la manière qu'a le film de filmer le train. La caméra part dans tous les sens, ne se souci pas de retranscrire l'horizontalité du train, les personnages n'arrêtent pas d'aller de l'avant à l'arrière du train malgré que celui-ci perd des wagons en cours de route, et on n'est jamais en tension. On se demande par moment ce qu'il faut suivre tant les animaux peuvent adopter une attitude passive vis-à-vis de ce qui se passe, et que ces derniers finissent par attendre l'action au lieu de la rechercher. On ressent très vite un vide scénaristique, comme si le scénario ne savait pas quoi faire de ces animaux dans ce train. C'est pour cela que le film va réemployer des structures et des clichés propres au studio pour étoffer le tout, mais finit par démontrer le manque cruel d'imagination des personnes derrière le projet. C'est ainsi que l'on suit Maurice, un raton-laveur qui se fait passer pour un prédateur qu'il n'est pas pour se donner du courage (exactement comme Maurice le pingouin qui se fait passer pour un guerrier tigre dans Les As de la jungle), qui souhaite rendre fier ses proches en partant à l'aventure comme Pattie dans Pattie et la colère de Poséidon, mais en étoffant d'avantage le personnage en lui donnant une vrai excuse pour partir à l'aventure (autre que "je veux être une héroïne qui attire l'attention sur moi"). En effet, cette fois il veut ramener de la nourriture du train jusque dans la ville car c'est en faite une sorte de Robin des bois moderne qui vole aux humains pour nourrir les animaux marginalisés. Le soucis étant que ces fameux animaux sont totalement éclipsé dès que Maurice rentre dans le train (donc au bout de 5 minutes de films) et qu'il est avant tout question de savoir si Maurice saura sauver les animaux du train qui sont en danger par sa faute, avec au passage quelques scènes où les personnages sont confrontés à leurs mensonges comme dans Pattie et la colère de Poséidon ou même Pil. Entre temps on aura une ou deux séquences musicales ne servant à rien et voulant capitaliser sur les bonnes idées qui fonctionnent dans Pil, et si vous n'avez pas trouvé comment être captivé par l'histoire, vous pourrez espérer un déraillement du train qui puisse conclure prématurément un récit trainant en longueur pour pas grand chose. Tout cela est littéralement retranscrit par les parties musicales qui soit n'amènent rien (comme une phase pouvant être intéressante à la guitare avec un personnage tellement bien développé et intéressant qu'il n'a même pas de répliques pour parler), soit ne sert à rien à part illustrer l'immobilisme du récit. Comme dit précédemment, on sent une très grosse inspiration de la séquence de la chansonnette dans Pil qui se veut comme une pause dans l'action, mais qui servait aussi à développer la complicité entre les personnages à travers l'action que de surveiller un prince transformé en chat poule (parce que les enfants ne savent pas rire autrement qu'en leur présentant des vannes absurdes Facebook à base de mélange d'animaux qui n'ont aucun sens), ainsi qu'à mieux placer le décors du Moyen Âge avec ces fermiers qui participaient à la vie du château au fur et à mesure que les aventuriers avançaient dans leurs quêtes et se rapprochaient mutuellement. Là ici on a une pause dans l'action où les personnages sont dans l'immobilité totale, sans aucun changement dans la tension du film (qui est inexistante et ne devient pas plus légère pendant cette séquence car ne montrant aucune alchimie de groupe, ni même de ralentissement de l'action). Tout comme l'humour rabaissant, on a l'impression que c'est un cahier des charges autoproclamé des choses devant être présent dans un long métrage pour que les enfants puissent s'intéresser, car les personnes derrières ces scènes sont convaincus que c'est ce qui intéresse les jeunes et qu'il n'y a pas besoin de travailler outre mesure la chose pour la rendre attrayante. Les jeunes aiment la merde et la musique, on va leur montrer de la merde et de la musique.


On pourrait ainsi passer des heures à passer en revu l'ensemble des ratages que l'on peut trouver dans le film, mais pour pleinement visualiser le problème du long métrage, il nous faut parler des seuls points positifs du film. J'aime à penser que l'on peut mieux comprendre les erreurs d'un long métrage. Contrairement à des films comme Le Royaume de Naya, où il faut du temps pour comprendre où est ce que le film n'échoue pas, il est très facile de comprendre où est ce que Falcon Express réussit sa démarche. S'il y a de très belles idées épars durant le long métrage qu'on pourra développer un peu plus tard, et si l'on peut apprécier le personnage d'Anna qui est étrangement rafraichissant et bien pensé en plus d'être original (malgré que le film ressente le besoin d'insister sur l'accent méditerranéen parce que se sentant persuadé que le public n'est pas assez intelligent pour comprendre que le personnage peut avoir des origines plus exotiques, kit à tomber pratiquement dans du racisme au moins les personnes derrière le projet peuvent être rassurée que leur idée fonctionne quand même), il y a un sous-texte et tout un pan du film est étrangement détaillé et travaillé. Durant tout le film, on a un portrait très acerbe des humains et de la culture médiatique, et les meilleurs séquences restent le portrait très critiques des influenceurs et des journalistes qui utilisent les animaux pour l'audimat. A travers cet attention toute particulière pour les réseaux sociaux et les médias modernes, on voit un film qui n'a aucune raison de mettre en scène ces animaux, préférant d'avantage parler d'un sujet que soit il refuse de traiter pleinement, soit dont il est incapable de traiter correctement. On parle de l'exploitation des animaux et du manque de considération que peuvent avoir les humains vis-à-vis de la douleur animale, mais le film ne propose pas d'alternative. Les personnages ne sont résumés qu'à des fonctions et des stéréotypes servant à une vanne... littéralement la même considération que peuvent avoir les influenceurs vis-à-vis de leurs animaux. Comme eux, ils filment ces animaux en ayant une vision préconçue et étriquées, les filmant inlassablement sans jamais nous attacher à eux dans l'espoir que leurs simples présences puissent être suffisantes pour divertir le public. Le parallèle est renforcé par les journalistes, critiqués pour être cupides et vouloir du sensationnalisme (au point d'embarquer une enfant au lieu du possible crash du train pour avoir des images fortes), qui dirigent eux-même les images que nous voyons et qui, à l'image des dieux dans Pattie et la colère de Poséidon, finissent pas eux-même s'ennuyer de leurs propres créations.


On peut considérer que le problème repose sur l'idée même de proposer ce que le film propose, dans une logique où Falcon Express n'aurait jamais dû exister et où le Studio TAT est incapable de réaliser un film convenable. Pourtant, cela est entièrement faux car je pense que c'est tomber dans une facilité d'analyse qui ne fait que conforter le film dans ses propres névroses. A travers le portrait que dresse le film sur la modernité et les réseaux sociaux, on peut voir tout une haine et un rejet de l'évolution des mentalités vis-à-vis du cinéma jeunesse, comme le film se devait de répondre aux critiques récurrentes que peuvent se prendre les dernières créations du studio. C'est pour cela en parti qu'il est important de parler de ces phases contre les réseaux sociaux, qui sont objectivement les meilleurs moments du film, et qui montrent que le soucis n'est pas tant l'incapacité, mais le manque de volonté. Ils auraient pu mieux travailler leurs personnages et mieux adapter le genre du film catastrophe pour enfant, le soucis étant que les personnes derrières ce projet n'en ont pas l'envi, préférant parler d'un phénomène qu'ils ne savent pas inclure intelligemment dans la narration sans que cela ait l'air d'apartés bizarres où l'action s'arrête pour regarder des influenceurs mal modélisés être des caricatures bête et méchantes. Ils avaient les capacités de proposer quelque chose de meilleur, de plus réfléchit, de plus soigné, de plus travaillé kit à ce que ce soit plus tourné sur des sujets de société et que cela adopte un ton plus mature... ils ne l'ont pas fait. Durant toute la critique, je me suis refusé à mettre la faute aux réalisateur qui, je pense, n'ont pas eu beaucoup à dire sur ce résultat final entre le patchwork indigeste du cinéma TAT dans un film catastrophe aseptisé et infantilisant. Les réalisateurs apportent eux même leurs propres bonnes idées qui arrivent à persister de manière épars, comme les phases de combat ou la scène de l'histoire de Maurice où la caméra va pour effectuer des mouvements suivant brusques pour épouser le regard alerte de Maurice durant son récit (dans la même veine que la scène El Mal dans Emilia Perez). Mais malheureusement, on sent aussi un projet qui est pollué par des décisions et visions étriqués fermant toutes possibilités cinématographiques ou narrative.


Falcon Express est encore un énième naufrage inutile, contraint et forcé de suivre les éternelles mêmes railles paraissant interminables, entrainant une équipe talentueuse vers des projets toujours plus rabaissant et dégradant. Il devient de plus en plus évident que la gestion créative du studio doit donner naissance à des distorsions et des tensions en interne entre artistes en quête de créativités et profiteurs entretenant inlassablement une vision pauvre et déconnecté du divertissement jeunesse à peine bon à attirer foule sur le territoire. On espère juste que quelqu'un puisse faire dérailler tout cela et enfin porter l'animation française au plus haut, car en l'état, le public mérite mieux que ça.


6,25/20


N’hésitez pas à partager votre avis et le défendre, qu'il soit objectif ou non. De mon côté, je le respecterai s'il est en désaccord avec le mien, mais je le respecterai encore plus si vous, de votre côté, vous respectez mon avis.

Youdidi
3
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Les films les plus attendus de 2025 et Les meilleurs films de 2025

Créée

le 23 juin 2025

Critique lue 562 fois

Youdidi

Écrit par

Critique lue 562 fois

D'autres avis sur Falcon Express

Falcon Express

Falcon Express

8

superpikpik

9 critiques

Ne croyez pas les critiques négatives...

Un bon moment que ce film ! ce que Disney devrait faire...l'animation est belle (cocorico !) l'histoire est sympathique et on rit à un moment quand les clichés de la société sont démontrés ????...il...

le 29 juin 2025

Falcon Express

Falcon Express

8

GyzmoCA

1346 critiques

Un très bon film d’animation française

L’animation française confirme une fois de plus sa belle dynamique avec Falcon Express, une réussite signée par l’équipe derrière Les As de la Jungle. Ici, le savoir-faire technique rencontre une...

le 19 juil. 2025

Falcon Express

Falcon Express

8

ShadySides

19 critiques

Bon film d'action en temps réel

À chaque vacances scolaires, j'essaie d'emmener mes petits au cinéma. Et bien souvent, je me farcis un film dont la trame scénaristique est toujours coulée dans le même moule...Mais là, non! Voici un...

le 11 juil. 2025

Du même critique

Mars Express

Mars Express

4

Youdidi

374 critiques

Nous vivons dans une société dans l'espace

Il serait peu dire que Mars Express s'est fait attendre, et qu'il était attendu lors du festival d'Annecy 2023. Un film d'animation de SF française qui a mis près de 5 ans à se faire, par le...

le 4 oct. 2023

Le Chat potté 2 - La dernière quête

Le Chat potté 2 - La dernière quête

9

Youdidi

374 critiques

Chat Potté 2: la dernière conquête

Il n'est pas rare que les contes, ainsi que les récits de la littérature orale, commence par "il était une fois...", "Il y a bien longtemps" [...] Le temps de la mémoire nous situe dans une longue...

le 21 déc. 2022

Mon ami robot

Mon ami robot

6

Youdidi

374 critiques

Le film qui rêve trop longtemps

Il n'est pas rare que les films présentés au Festival de Cannes se retrouvent en haut du palmarès du Festival du film d'animation d'Annecy. C'était le cas pour J'ai perdu mon corps qui avait reçu le...

le 4 juil. 2023