Réussite supplémentaire du studio français TAT après Les As de la jungle et Astérix : le combat des chefs (2025), Falcon Express détourne astucieusement le divertissement ferroviaire tel que le cinéma, la bande dessinée et le roman l’ont jusqu’alors représenté : l’incertitude relative à l’identité dudit Falcon emprunte à Agatha Christie et à son Murder on the Orient Express (1934), la course contre la montre dialogue avec le blockbuster américain, de Money Train (Joseph Ruben, 1995) – se déroulant aussi pendant les fêtes de Noël – à Unstoppable (Tony Scott, 2010) sans oublier le ludique Bullet Train (David Leitch, 2022), l’idée d’une compartimentation du récit en wagons successivement traversés évoque Le Transperceneige (1982-83) de Jacques Lob et Jean-Marc Rochette.
Ces références s’intègrent parfaitement à une intrigue qui ne cesse de nous surprendre alors même que sa trajectoire demeure linéaire ; grâce à elles, le long métrage se réinvente encore et encore, refuse tout gigantisme en clausule, tendance du divertissement contemporain qu’il dénonce d’ailleurs par l’intermédiaire des journalistes et du sensationnalisme dans les reportages d’investigation. Le plus appréciable réside dans la concentration de l’histoire au sein du seul train, en opposition aux sauts de puces incessants qui caractérisent tant de productions récentes, animées comme en prises de vues réelles, incapables de rester en place et d’écrire des séquences cohérentes. Un voyage à ne pas manquer.