Falcon Lake, le premier long-métrage de Charlotte Le Bon, se déroule dans les Laurentides, au Québec. Un cadre séduisant pour une chronique sentimentale, à base d'eau et de fantômes, qui s'ingénie à installer une atmosphère humide et flottante mais qui privilégie la forme, certes chatoyante, à un véritable fond. On y aborde les rives du fantastique mais sans insister outre-mesure, sachant qu'il serait tout de même audacieux d'inviter David Lynch à la rescousse, en guise d'influence pour la cinéaste. Il y a quelque chose d'insaisissable dans l'air, voire d'indéfinissable, et l'ensemble reste parfaitement agréable à regarder. Les adultes n'ont pratiquement pas voix au chapitre, dans cette histoire de vacances et d'adolescence, ce qui représente un parti pris tout à fait recevable. Sans doute que l'impression laissée par Falcon Lake dépend de l'humeur du moment ou, pourquoi pas, de ses propres souvenirs de jeunesse, mais le film parait toutefois manquer de substance, à savoir un scénario plus épais et moins soumis aux caprices du vent sur l'onde. Quelles que soient les réserves qu'il est permis d'émettre sur la structure générale du film, la direction d'acteurs mérite sans conteste d'être louée, avec au premier plan (d'eau) l'interprétation des deux jeunes acteurs principaux, Sara Montpetit et Joseph Engel, épatants de naturel et pétris de charme.