9
le 25 sept. 2017
SuivreAbuse your illusion
Il ne fallait pas moins qu’un mythe de la densité de Faust pour porter l’incroyable force des images d’un cinéaste visionnaire : en 1926, juste avant son départ pour Hollywood (son film suivant sera...
Le cinéma des premiers temps est hypnotique. On y rentre comme dans un rêve, et la phrase de Jean Cocteau prend alors toute sa signification :
"Un film n'est pas un rêve qu'on raconte, mais un rêve que nous rêvons tous ensemble en vertu d'une sorte d'hypnose, et le moindre défaut du mécanisme réveille le dormeur et le désintéresse d'un sommeil qui cesse d'être le sien."
Oui. Le cinéma muet est un rêve. Qui nous embarque loin, très loin, dans les tréfonds d'une époque complètement révolue, celle des années 20, mais aussi par des images, des plans, une façon de filmer, de mettre en mots les images, totalement inconnue de nos yeux d'hommes et de femmes modernes du XXIe siècle.
Nous n'avons plus ça maintenant. Ces façons uniques de filmer, ces images à couper le souffle, ces grains, ces noirs et blancs, ces regards, ces exagérations d'expressions comme pour accentuer les émotions par le manque de parole. Et la musique. La musique surtout. La musique dit tout. La musique dans le cinéma muet est un personnage à part entière. C'est elle qui dicte tout du film. Et elle y est tout le temps d'une immense beauté, bouleversante, d'une grandeur incroyable, qui nous fait perdre pieds dans une sorte de complète hypnose, un monde parallèle dont on a du mal à se dépêtrer lorsqu'on sort des images, de toute cette incroyable musique.
Voilà comment on pourrait résumer Faust : un monde parallèle où le baroque prend tout l'écran, où la noirceur transparaît par des flous, des images, des morceaux de particules à couper le souffle, des effets incroyables, et l’irréalité constante d'un monde où les anges et les démons vivent, ou le bien et le mal est présent, partout, où la foi guide les voyageurs, où l'amour triomphe, à chaque fois.
L'expressionnisme allemand sort ici toutes ses griffes pour faire vivre des décors parallèles, étranges, sidérants, au manque de perceptive complète propre à l'Expressionnisme Allemand du début du siècle. C'est là quelque chose d’étonnamment beau, intraduisible de nos jours.
Faust avec sa terreur et sa fin inoubliable, intense, d'une beauté perdue, irréelle.
Aujourd'hui, au risque de passer pour du mièvre, du cucu, on ne peut plus filmer d'histoires d'amour comme il y en avait jadis à l'époque du muet jusqu'aux années 30-40. La magie d'un cinéma effarant de simplicité à l'intrigue toute simple et presque schématique. Et ça s'envole encore, jusque dans les tripes.
Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Petites perles muettes
Créée
le 6 mai 2015
Critique lue 591 fois
9
le 25 sept. 2017
SuivreIl ne fallait pas moins qu’un mythe de la densité de Faust pour porter l’incroyable force des images d’un cinéaste visionnaire : en 1926, juste avant son départ pour Hollywood (son film suivant sera...
8
le 19 mars 2012
SuivreA la recherche d'un visa pour Hollywood, Murnau se lance dans un projet des plus ambitieux : l'adaptation du monument de Goethe. Deux heures de délire pictural avec une lumière dingue et des plans de...
9
le 28 janv. 2020
SuivreFaust, sorti au cinéma en 1926, est sans doute le film le plus ambitieux de F.W. Murnau techniquement parlant, et c’est à lui que l’on doit bon nombre d’innovations en termes d’effets spéciaux, sans...
9
le 27 oct. 2016
SuivreLa question, d'emblée, se pose : comment trois bouts de pâte à modeler peut bouleverser à ce point le petit cœur du spectateur ? Comment une tripotée de grands yeux d'enfants fatigués et dépressifs...
8
le 18 mai 2016
SuivreBagdad Café ou l'histoire d'une époque, de celle défroquée d'une Amérique souillée, paumée, au comble de l'absurde. C'est ce café qui ne sert plus de café parce que l'un des mec a oublié de racheter...
10
le 2 mars 2015
SuivreD'abord, la nuit. La nuit avec ses rues glauques, ses voitures balayant les jets d'eau venus nettoyer les vitres sales. D'abord, la nuit. Avec ses putes à tous coins de rues, ses camés, drogués,...
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème