Ce n'est pas le meilleur Wilder, que je commence à bien apprécier (euphémisme), même si j'avais été dégoûté par la VF de certains l'aiment chaud. Fedora n'est ni la comtesse aux pieds nus ou bien boulevard du crépuscule, mais on retrouve certaines choses qui faisaient le charme de ces deux films. Ce que j'aime avec Wilder c'est qu'il est brillant, et vu qu'il est brillant il peut se permettre quelques petites piques, contre la censure, contre le Nouvel Hollywood... Tout en traitant admirablement bien son sujet : Hollywood, les stars, le jeunisme. Wilder peint une histoire réellement intéressante, intrigante dans un premier lieu et qui parviendrait presque à être émouvante sur la fin.
Je dis presque, parce que c'est ce qui manque au film à mon humble avis : de l'émotion. Tout est là, la montée en puissance, le beau, le tragique... Mais il manque un peu d'humain... Sans doute se concentrer plus longuement sur l'amourette de Fedora avec York aurait été un bon moyen pour que je sois troublé. Peut-être comme dans Tabou de Gomes. Mais le but n'est peut-être pas de faire un film déchirant.
Après le film fonctionne bien, on est intrigué, pris dans cette histoire qui semble n'avoir ni queue ni tête, mais ici la grande révélation n'a pas lieu en fin de film... et pourtant, parce que Wilder est un grand, on a quand même envie de savoir pourquoi, comment... Là où dans d'autres films ça aurait juste été du verbiage.
Un peu déçu, ça ne m'a pas touché comme l'avait fait Ariane ou bien Kiss me Stupid... Mais c'est différent, c'est plus froid, plus noir (et ce n'est pas une comédie romantique). En tous cas ça renvoie une image bien triste du star system, complètement déshumanisé. Il faut lui donner sa chance et le voir. Ce n'est qu'un bon moment à passer.